07/02/2013

QUESTIONS SUR UN DESSIN

Dans la note précédente - Un dessin du Pic de Bugarach par Léonard de Vinci - je montrais le dessin qui se trouve dans les carnets de l'artiste et qui une fois anamorphosé se superpose avec la silhouette du Pic de Bugarach.

BUGARACH DOUBLE.PNG

Ce qui sous-entend sa venue dans les Hautes Corbières il y a cinq siècles. Une réalité qui se montrera en mesure d’expliquer de nombreux faits restés inexpliqués dans l'histoire de cette région mais dont aucun expert à cette heure encore n'a conscience pour ne pas dire ne peut même envisager puisque aucun livre d'histoire n'en parle.

Voici deux vues plus resserrées du dessin et de la montagne permettant de mieux voir les détails.

pic de bugarach,bugarach,léonard de vinci

On pourra si'interroger légitimement sur quelques différences en certains points. Cependant il convient de ne pas oublier que Léonard de Vinci n'aurait dessiné il y a cinq siècles qu'une vue "anamorphosée", du Bugarach.

Et qu'ici ce profil n'est donc pas celui physiquement dessiné initialement, à savoir une vue déformée de la réalité, mais celui qui aura résulté de l'inversion, de cette transformation ; avec ce que cela sous-entend en terme de perte d'information graphique, pour ce qui est des détails, sur un croquis ne mesurant qu'une dizaine de centimètres. Avec le fait surtout qu'il s'agirait donc non pas d'un travail d'atelier, avec repérages graphiques et mesures (voire "machines" mécanographiques), mais d'un travail "de terrain", le morphing ayant été mis en oeuvre mentalement, "dans la tête" de l'artiste. D'instinct en quelque sorte. 

Les aspects indirects de ce processus induisent ainsi naturellement des imperfections qu'un artiste de la dimension de Léonard n'aurait pas commises dans un travail de représentation directe.

On pourra d'ailleurs prendre note de la présence d'une ligne "technique" qui juste au dessus de la ligne de crête sur le dessin suit toute la longueur de son tracé. Une ligne comme celles qu'un artiste trace pour en termes de proportions définir préalablement une allure générale avant de dédier toute son attention à la représentation des détails. Or si Léonard avait réalisé en extérieur d'autres exemples de montagnes il est un fait que JAMAIS il n'avait eu recours, ailleurs, à cette disposition technique. Ainsi dans le cas de cette montagne-ci pourquoi aurait-il ressenti la nécessité de se donner cette sécurité, comme un apprenti ordinaire en définitive, pour dessiner une simple montagne, s'il n'y avait le fait d'une difficulté supplémentaire qu'il se serait lui-même imposée. En l’occurrence l'anamorphose. A fortiori une anamorphose "de terrain", debout et les pieds dans la poussière d'un chemin, appliquée à la silhouette d'une montagne au profil complexe pour ce qui est précisément des détails sur la crête.

En ce sens les imperfections apparaîtront en définitive mineures en rapport au regard du niveau de ressemblance. Sans oublier que ces quelques "coquilles" rémanentes sur la ligne de crête peuvent aussi résulter du fait qu'à partir du chemin où il fallu se positionner pour retrouver cette vue il resterait encore à définir si possible "au mètre près" l'emplacement exact où l'artiste s'était positionné. Une analyse très fine des détails de la crête sur les deux profils comparés montrera en ce sens que cette "superposabilité" serait ici améliorée en quittant le sentier ou la route (entre le village et le lieu-dit Cascade des Mathieu, pour se rapprocher de la montagne tout en se déplaçant vers la droite autrement vers l'est. Je m’emploierai dès que possible à proposer ici une vue plus "conforme" au dessin.

Quoiqu'il en soit, resterait toujours... à comprendre. 

S'interroger surtout sur ce fait que pour en arriver à une ressemblance avec une réalité, et sachant que Léonard de Vinci était lui-même l'inventeur à la Renaissance de ce procédé (directement issu des travaux sur la perspective et connu alors uniquement de quelques spécialistes dans toute l'Europe), il ait fallu appliquer une anamorphose à un de ses dessins. Comment dans ces conditions - puisque l'anamorphose, un procédé destiné en soit à dissimuler une réalité, aurait ainsi de fait été à l'origine de "l'oubli" d'un événement à travers les siècles - ne pas envisager que cette amnésie de cinq siècles ait en fait résulté de la volonté de la part de Léonard de Vinci d'occulter sa rencontre avec le Bugarach ?

On pourrait philosopher longtemps sur le sujet. Le fait qu'à ce stade tout ne repose que sur une ressemblance - même si resterait le fait troublant que celle-ci ne se manifeste que par la mise en oeuvre d'un coefficient d'anamorphose qui n'a rien d'aléatoire - incitera les experts à étayer cette ressemblance par d'autres éléments convergents.  

pic de bugarach,bugarach,léonard de vinci

Avant d'élargir le champ des recherches certainement faut-il pour commencer s'attacher à épuiser la recherche d'éléments sur le dessin lui-même en le comparant finement avec la réalité du Bugarach une fois effacé par conséquent le "voile" visuel de l'anamorphose que Léonard de Vinci aurait lui-même un jour disposé devant sa vision réelle d'un paysage.

pic de bugarach,bugarach,léonard de vinci

Or si on compare le dessin à la réalité, et après avoir donc admis qu'il y avait quelque chose comme une ressemblance entre le croquis et ce paysage "de nature", il restera à prendre conscience du fait que Léonard de Vinci semblait manifestement chercher à aimanter notre regard sur quelque chose dans son dessin, qui en définitive...  n'existe pas dans la réalité. 

DETAIL CRETE.PNG

Un piton rocheux en effet sur la crête, qui si on compare les deux vues... n'aurait rien à faire là. D'ailleurs, contrairement à tout autre endroit sur ce dessin de montagne dessiné d'une main ferme, cet élément comme raturé sur la crête ne présente-t-il pas un aspect quelque peu artificiel ? C'est ce que je vous propose de tenter d'élucider dans le prochain article.

Le mystère du petit artefact de Léonard de Vinci sur son dessin perdu.


Jean-Pierre PERINI