15/02/2013

1. L'abbé Boudet et le secret de l'eau

henri boudet

Henri Boudet, l'abbé de Rennes-les-Bains à la charnière du 19ème et du 20ème siècle, avait écrit à compte d'auteur ce livre "confidentiel" que tout le monde avait jugé dénué de raison et de sens logique, pour ce qui est d'une étude il faut bien le dire très spéciale des "langues mortes" : La vraie langue celtique ou le cromleck de Rennes-les-Bains.

Mais du fait de sa personnalité, et de son implication dans les mystères de l'Aude en interaction avec l'énigme de l'abbé Saunière au village tout proche de Rennes-le-Château, il n'avait pas fallu longtemps pour soupçonner que son grimoire évoquant de façon diffuse l'idée d'une "renaissance", recélait potentiellement les indices qui permettraient un jour, à qui saurait les interprêter, de retrouver et ramener à la lumière la solution d'une énigme séculaire,voire semble-t-il bimillénaire.

RENNES-LES-BAINS,HENRI BOUDETOr comme dans les meilleurs romans de Jules Verne une carte, celle du "territoire" de l'abbé,  avait été insérée dans les pages du livre.

Dans ce cas il ne pouvait bien sûr s'agir, que d'une "carte au trésor".

Alors les chercheurs d'or - or mystique ou or lourd - parcourent depuis en tous sens la forêt de Rennes-les-Bains à la recherche qui d'un tombeau paléochrétien, qui d'une caverne recélant l'antique trésor de Jérusalem dérobé à Rome en 410 par les wisigoths ; sans parler de la cache que les Templiers et les cathares, dans cette région où comme nulle par ailleurs en Europe les uns et les autres avaient semble-t-il fait un bout de chemin ensemble, auraient dissimulé dans la terre.

RENNES-LES-BAINS,HENRI BOUDETLe territoire de Rennes-les-Bains décrit dans cette carte "maison" - dessinée par le frère de l'abbé sur une base fidèle à une carte d'Etat Major d'époque mais avec ici et là dans le détail des divergences de tracé d'autant plus "troublantes" puisque laissant de ce fait entendre quelque signe de piste subliminal - est traversé verticalement par les cours successifs de la Blanque, en provenance du Bugarach au sud, puis de la Sals venant de l'est à partir du pont de Sougraigne où se mélangent les eaux des deux rivières.

Cependant comme on peut le voir à deux repères cartographiques (au sommet et tout en bas de la carte) permettant d'en tracer l'axe médian vertical, le versant oriental du bassin hydrographique de la vallée s'est curieusement retrouvé privilégié, par rapport au versant occidental. La nette dissymétrie qui en découle ayant pour conséquence de déporter cet "axe hydrographiquevertical (et donc l'axe routier puisque celui-ci suit pratiquement le tracé des rivières) bien à gauche de cet axe géométrique. 

On peut ici déjà noter que de ce fait cet axe vertical attendu (en rouge) se retrouve nécessairement décalé aussi par rapport à la symétrie partageant les deux termes Rennes, et celtique, de l'intitulé du titre Rennes celtique. L'axe hydrographique (en bleu) vient ainsi se caler à la verticale en réalité du milieu exact de Rennes. Soit plus exactement sous les deux n centraux, avec pour axe central l'axe de symétrie passant précisément entre les deux n de Rennes.

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Un décalage peut-être dû au hasard... mais en définitive rien n'interdisait non plus, à priori, de partager simplement et équitablement la carte de part et d'autre des axes hydrographique et routier. 

Pour comprendre le petit mystère de cette dissymétrie, ou plutôt du déport de symétrie (l'idée même de symétrie étant contenue dans celle de la dualité exprimée par le nombre 2) il suffira peut-on penser de chercher dans le livre un indice venant faire y faire écho.

A ce jour beaucoup d'indices ont été décelés, scrutés, examinés, analysés dans cet ouvrage riche en éléments suggestifs. Cependant aucune convergence ne semble encore avoir été proposée en vue de mettre en lumière une révélation déterminante. Alain SIPRA cependant - bien connu pour avoir mis en évidence de façon lumineuse, et insufisemment appréciée, la "piste wisigothique" dans ces mystères - nous a proposé dans son dernier livre (LA VRAIE LANGUE CELTIQUE Expliquée aux curieux et aux incrédules : "SUR LA VOIE DU BUGARACH"/Jean-Alain SIPRA/Ed.Oeil du Sphinx) une orientation de recherche inédite et pertinente qui entre autres semble s'orienter là où on ne s'y serait pas attendu :  le PIC DE BUGARACH au sud de Rennes-les-Bains.

Or ce site paraît en première lecture être HORS SUJET puisqu'il ne ne se trouve pas situé lui-même dans l'espace de la carte de l'abbé Boudet. Mais justement, qui sait si de là ne viendrait pas en définitive le fait que jusqu'ici on n'ait pensé à exploiter cette piste, l'abbé ayant en somme lui-même fait en sorte qu'il en soit ainsi. Or nous allons voir que d'autres pistes très subtiles se dirigent également vers le Bugarach.

Tout comme cette montagne se trouve donc bien au sud de la limite basse de la carte Boudet c'est bien avant aussi que ne commence le début de son livre, en d'autres termes HORS SUJET aussi, que l'abbé nous aurait laissé, dans le texte cette fois, un indice fondamental. Alors laissons Henri Boudet nous guider lui-même vers la clef principale, qui sait, de son secret cartographique en prenant connaissance du contenu de ses...

 "OBSERVATIONS PRELIMINAIRES".

Un préambule en l'occurence imprimé en quatre pages d'une numérotation séparée. Or pour commencer, ces quatre pages curieusement débutent... par une page 2 !

Si avant même de prendre connaissance de son contenu on se penche maintenant sur la "présentation", on notera immédiatement que cette curieuse page 1 numérotée ne cumule pas moins de 2 anomalies .

  1. Alors que les autres pages des Observations préliminaires sont numérotées en chiffres romains la fausse page 2 est la seule à se voir attribuer un chiffre arabe ! 
  2. Alors que les autres pages des Observations préliminaires sont numérotées en haut de page la fausse page voit elle seule cette numérotation - 2 - positione en bas de page !

Que de "décalages" encore une fois par rapport à la normalité ! Le hasard seul ou un fait ordinaire mettons d'ordre technique de la part de l'imprimeur peut-il avoir été la cause de ces deux erreurs ? Trop d'anomalies, quoiqu'il en soit sur une seule page pour ne pas au moins suspecter qu'il y ait là toutes les apparences d'une stratégie censée nous livrer un signe de piste important

Et en première intention ce signe de piste est ainsi tout désigné :   

Un 2 !      Le nombre de la symétrie, et de la dualité.


On peut noter aussi que la fausse page 2 est surmontée d'une frise comportant ONZE éléments.

BOUDET,RENNES-LES-BAINS

Soit un onze en chiffres arabes qui a tout d'un II en chiffres romains, soit à nouveau le 2 de la DUALITE.

Mais aussi un ONZE qui en chiffres romains s'écrit XI, soit les deux éléments qui dans un CHRISME s'enchevêtrent : un X traversé d'un axe I vertical. L'idée même en somme sur le plan graphique, d'une STRUCTURE SYMETRIQUE VERTICALE, le chrisme partageant EN MIROIR l'alpha et l'omega de part et d'autre de la verticale reliant le P en haut (en fait le R grec -ro-) représentant l'archange Saint-Michel du S en bas (le Serpent du démon), la lance du premier (le bien et la lumière céleste) en partageant l'espace entre une partie gauche (solaire) et une partie droite (lunaire) venant ainsi pourfendre VERTICALEMENT le second (le mal et l'obscurité des profondeurs).

Ces simples observations étant faites il ne nous reste plus maintenant qu'à entrer dans le texte de cette fameuse fausse page 2 avec son mystère de la dualité et de la symétrie. en écartant les éléments secondaires (en gris clair).

Préoccupé de mettre par écrit quelques remarques sur la station thermale de Rennes-les-Bainsoù Dieu nous avait appelé à exercer le ministère paroissial, désireux de faire revivre d'antiques souvenirs, nous pensions, à tort ou à raison, que le nom de Rennes, renfermant sans doute en lui-même l'histoire du pays dans les temps celtiques, nous découvrirait, par une interprétation exacte, bien des choses intéressantes au sujet des roches aiguës qui couronnent nos montagnes. Deux pierres branlantes, placées sur une arête de colline, nous invitaient aussi à interroger avec persévérance un passé, d'ailleurs, fort ténébreux. Mais comment...

 

On y trouve donc 2 phrases entières, plus 2 mots d'une troisième phrase interrompue. Séparons ces phrases et éléments de phrases après les avoir allégées de leurs mentions secondaires.

  • Préoccupé de mettre par écrit quelques remarques sur la station thermale de Rennes-les-Bainsdésireux de faire revivre d'antiques souvenirs, 

nous pensions que LE NOM DE RENNES renfermant sans doute en lui-même l'histoire du pays 

nous découvrirait par une interprétation exacte bien des choses intéressantes au sujet des roches aiguës qui couronnent nos montagnes.

 

  • DEUX PIERRES BRANLANTES placées sur une arête de colline nous invitaient aussi à interroger avec persévérance un passé d'ailleurs fort ténébreux. 

 

Voilà des phrases bien mystérieuses ! Puis nous avons cette fin au début de la troisième phrase :


  • MAIS COMMENT... dont la suite apparaît à la page suivante, la vraie page 2 : ... pénétrer le secret d'une histoire locale par l'interprétation d'un nom composé dans une langue inconnue, lorsque l'histoire de la Gaule ancienne est encore plongée dans une obscurité désolante. 

Ainsi l'essentiel semble tenir dans l'interprétation d'un seul mot. Et ce mot est RENNES ! Tout le secret de l'abbé contenu dans ce mot ? 

Une fois ôté l'enrobage de la phraséologie deux éléments quoiqu'il en soit apparaissent mis en évidence : le nom de Rennes, et deuxpierres branlantes. Il suffit alors de lire l'abbé dans le texte et de bien s'imprégner de l'importance des mots.

1.   LE NOM DE RENNES renferme sans doute EN LUI-MÊME l'histoire du pays et doit nous découvrir par une interprétation exacte bien des choses intéressantes au sujet des roches couronnant les montagnes

2.  DEUX PIERRES BRANLANTES sur une arête de colline invitent à interroger avec persévérance 

Toute une page pour en arriver là :

le secret tient dans le seul mot de RENNES, et la solution doit être trouvée en interaction avec des roches sur des montagnes, en l'occurence 2 PIERRES BRANLANTES.

Tout porte à croire en effet que sans ce mot, et ce mot seul, jamais la serrure du mystère de l'abbé ne pourrait se remettre à cliqueter un jour.

RENNES 

Et bien prenons-le au mot. 

Cependant, que faire d'un tel indice, comment le faire "parler" ? Bref... mais comment ? 

Ne perdons pas de vue que cette page de tous les mystères est placée sous le signe du 2, de la dualité, et de la symétrie.

Or l'abbé nous invite à faire parler le mot RENNES, en le faisant interagir avec 2 PIERRES BRANLANTES placées sur une arête de colline. Nous y sommes donc : ce sont celles-ci qui doivent nous permettre de comprendre le secret du mot RENNES. 

Or les deux pierres branlantes en question sont bien connues puisqu'il ne s'agit pas d'autre chose que des deux fameux "roulers" de l'abbé, situés à flanc de colline à la sortie sud du village, qui nous invitent donc à interroger avec perséverance un passé ténébreux.

BOUDET,RENNES-LES-BAINS

10/02/2013

Le passage sur la crête.

Léonard de Vinci avait donc dessiné le Bugarach dans un de ses carnets. 

BUGARACH,LEONARD,VINCI

Mais il en avait anamorphosé la silhouette comme s'il fallait que le plus longtemps possible personne ne sache qu'il était venu. Et pour le moins ça aurait marché. Cinq siècles.

LEONARD,VINCI,BUGARACH

Alors comment maintenant expliquer ça. Est-il raisonnable de penser que Léonard ait eu un jour un rendez-vous secret avec le Bugarach ?

Il restait bien quelques blancs dans l'agenda de sa vie, de quoi en tout cas permettre de caser l'espace d'un voyage oublié.

BUGARACH,LEONARD,VINCI

Même si à ce stade sans preuve matérielle les experts seront trop prudents - c'est leur travail et c'est bien comme ça - pour admettre une évidence simplement visuelle dont un enfant se satisferait. Et les adultes il faut leur expliquer longtemps. Leur donner des preuves.

Alors il y a bien ce fait que sur la crête dessinée de son Bugarach de papier quelque chose "n'existe pas dans la réalité". Tout à gauche de la crête, un rocher en trop. 

LEONARD,VINCI,BUGARACHAu tracé par ailleurs griffonné comme à la suite d'un... enfin si j'ose dire, un "petit bug" microcosmique.  Car à première vue Léonard semblait donc avoir dessiné "trop haut" dans un premier temps, puis sa main serait ensuite revenue sur cette erreur pour décapiter ce rocher, un petit pyramidion rendu en quelque sorte transparent du fait même que les deux niveaux successifs demeurent visibles.

Mais en définitive quel est le bon ?

BUGARACH,LEONARD,VINCI

Car une étude très fine de ce tracé, au niveau de la jonction de ce "bégaiement graphique", montre que le seul scénario envisageable devrait être celui en réalité d'un passage de l'étape 1 à l'étape 2, et non l'inverse. Autrement dit la version du rattrapage d'une erreur en première intention ne tient pas, puisque "l'erreur" est dans la seconde intention, censée être par conséquent la version définitive.

Il n'y a donc pas eu rectification à la baisse de la hauteur du rocher... mais un rehaussement intentionnel !

LEONARD,VINCI,BUGARACH

En somme une transgression assumée. "Au delà de la réalité", puisque la partie terminale de ce rocher a été dessinée par dessus la discrète ligne que l'on voit ici traversant horizontalement l'artefact à mi-hauteur ; ligne tracée au préalable pour contenir les hauteurs réelles des détails sur la crête. La transgression impliquant l'idée en puissance d'un message sous-jacent.

Avec ce fait au passage : le rehaussement de l'artefact est exactement du DOUBLE !.. de la hauteur initiale de ce détail (voir articles précédents du blog).

Or pour apparaître superposable au Bugarach (condition par ailleurs indispensable sans laquelle, faute de comparaison possible, nous n'aurions même pas pris conscience de "l'artificialité de l'artefact") la silhouette sur le croquis avait dû subir une anamorphose mise en oeuvre très exactement avec le même coefficient, le nombre entier le plus simple qui soit : 2 !

BUGARACH,LEONARD,VINCI

C'était là déjà un signe laissant deviner une intention et donc tout sauf un hasard. Mais voilà donc maintenant qu'en petit, sur la crête de ce même dessin, Léonard à travers cet artefact astucieusement bricolé avait ni plus ni moins laissé discrètement traîner, en définitive...

 "l'idée d'une anamorphose".

Car ce que montre le tracé intentionnel de ce détail inventé sur la crête est ni moins qu'une métaphore.

Un message suggéré discrètement à celui qui, s'interrogeant sur le croquis d'une montagne anonyme dans un carnet, finirait par prendre conscience de devoir transposer la petite métaphore microcosmique au macrocosme de la montagne entière ! 

C'est ici que d'intention en intention, d'indice en message subliminal restera à ne pas oublier qu'il y avait aussi cette inscription de la main même de Léonard de Vinci, précisément à l'aplomb précis de la "métaphore". Comment ne pas en arriver à un moment ou un autre à tenter de déchiffrer ce qu'il avait bien pu écrire là, sur la crête.

BUGARACH,LEONARD,VINCI

Or nous le verrons cette "légende", insérée il y a cinq siècles sur le dessin (et au delà de l'indice matériel permettant de repérer sur la crête l'antidote à l'amnésie visuelle de cinq siècles), livrera une information à peine imaginable. Une inscription qu'aucun expert surtout n'a jamais déchiffrée depuis (ce qui en soit restera quoiqu'il en soit un petit mystère aussi dans le mystère). 

Mais pour l'heure il y a donc ce pyramidion métaphorique juste sous l'inscription. Pourquoi donc Léonard de Vinci l'aurait dessiné là, et pas ailleurs ?

BUGARACH,LEONARD,VINCI

Le hasard encore ? Regardons bien, en fort grossissement cette fois.

BUGARACH,LEONARD,VINCI

Si un jour un génie universel était vraiment venu incognito pour dessiner une montagne perdue, tout au fond de ces Corbières qui devaient pourtant être un bien lointain far-west européen, pour un un florentin de la Renaissance, c'est qu'il devait y avoir une raison.

Quelle que soit celle-ci ça doit tout de même valoir la peine à ce stade de pousser l'enquête jusque dans ses retranchements. En d'autres termes sur ce croquis, unique trace matérielle dans notre dossier, il va falloir faire parler chaque détail. Descendre encore le degré d'observation, jusqu'au niveau du millimètre s'il le faut.

Or il y a là, dans les parages immédiats du rocher "en trop" quelque chose qui nous avait échappé jusqu'ici, un indice à la limite de la perception.

BUGARACH,LEONARD,VINCI

Un petit trait vertical en effet, à peine perceptible au droit de la "métaphore".

Au premier abord on pense qu'il ne peut s'agir à nouveau que d'une "bavure", le crayon aurait ici dérapé dans la main du dessinateur - un génie artistique décidément bien maladroit pour d'abord avoir eu des difficultés à dessiner une montagne dans ses justes proportions, puis si mal "recopié" sa ligne de crête en y représentant un détail qui n'existe pas, et maintenant en laissant déraper malencontreusement sa pointe de sanguine. Car là encore si on regarde bien, il y a effectivement quelque chose qui ne va décidément pas. Ce petit millimètre d'un trait venant couper la ligne de crête verticalement... il n'y a rien là qui cloche ?

A-t-on déjà vu un crayon déraper perpendiculairement à la direction (horizontale) de la ligne qu'à cet instant sa pointe suivait en traçant une ligne de crête ?

Il n'y a pas d'autre explication : après avoir tracé la silhouette de la montagne puis inventé un rocher subliminal la main de Léonard était revenue là, encore une fois avec une intention bien précise.

BUGARACH,LEONARD,VINCIIl suffira  de consulter une carte IGN au 25000 ème, autrement dit une carte de randonnée actuelle. Et ce que savent tous les promeneurs du dimanche qui montent au Bugarach pour profiter de la vue devient alors évident.

BUGARACH,LEONARD,VINCI

Il n'existe qu'un seul col sur le Bugarach permettant de basculer d'un versant à l'autre.

Et maintenant qu'après avoir déchiré le voile de son anamorphose le dessin a fini par ressembler à la réalité, il ne reste alors plus qu'à comparer le tracé du chemin sur la carte avec le croquis. La conclusion est alors imparable. 


BUGARACH,LEONARD,VINCI

 

La "métaphore" n'avait été placée au hasard, mais exactement là où se trouve aujourd'hui ce col : l'unique passage dans la montagne. Aujourd'hui comme à la Renaissance.

Car bien sûr ce qui est vrai aujourd'hui l'était forcément il y a cinq siècles. Tout ça - une fois que grâce à la métaphore "hermétique" on avait compris qu'il fallait doubler la hauteur, puis après avoir comparé le dessin désanamorphosé avec la réalité - juste pour que grâce à l'anomalie alors constatée notre attention soit alors attirée sur cet emplacement, et aucun  autre sur la montagne : le passage dans le Bugarach.

En somme Léonard de Vinci nous adressait un message :

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Ca prendra le temps qu'il faudra, mais quand grâce à ma petite métaphore vous aurez fini enfin par comprendre que cette montagne dans mes carnets est le Bugarach, autrement dit une montagne quelque part dans le monde réel, alors vous aussi, sortez maintenant du dessin et entrez  dans la réalité, là, précisément, où pour vous...

... j'ai coché un passage dans la montagne."

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Alors maintenant il n'y a plus qu'à comprendre où tout ça peut mener.

Car bien entendu depuis cinq siècles les choses sont restées en l'état. Il n'y a toujours qu'un seul et unique chemin dans la montagne, impossible de faire autrement que de passer par ce lieu que Léonard avait "balisé" sur son plan en érigeant un petit cairn artificiel. Les montagnes et leurs passages ne changent pas même en cinq siècles. Ce sont juste les hommes qui finalement passent et repassent devant sans prendre le temps de lever la tête vers la crête, pour voir qu'il y a là un passage en quelque sorte dans le temps. Ce passage qui devrait donc nous permettre cette fois cinq siècles après de mettre nos pas, et sans qu'il y ait ici cette fois l'ombre d'une métaphore, exactement dans ceux d'un génie "égaré" sur les chemins d'une montagne réelle.  

Bref, il était monté là-haut.

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Léonard de Vinci était un jour monté au sommet du Bugarach.


Voilà le message perdu que parait dissimuler ce dessin resté "voilé" un demi-millénaire dans un carnet.

Autrement dit... juste avant de repartir comme il était venu, sans que plus personne n'entende jamais parler dans le petit village de cet inconnu venu leur voler le profil de leur montagne, et sans oublier auparavant d'effacer toute trace derrière lui de son passage en déformant cette silhouette dans son carnet de voyage, Léonard avait fait une dernière chose encore.

Il nous avait laissé un signe de piste. Une invitation à le suivre, un jour, sur le chemin. Le croquis perdu n'est en effet pas autre chose, grâce à l'invention de la perspective donnant l'illusion du relief,  en définitive qu'un plan en 3D : un plan d'accès au Bugarach.

Ainsi celui qui serait revenu là un jour avec en main un vieux croquis jauni par les siècles, et une fois décadenassé le code de cryptage d'un simple regard de travers se serait dit devant cette muraille de pierre : "Et maintenant ?", laissant alors ses yeux courir le long de la ligne de crête  et réalisant la présence de quelque chose qui n'avait rien à faire là-haut, aurait nécessairement fini par comprendre qu'il y avait un passage.

Car la question en définitive aurait été celle-ci : que fait-on dans la réalité quand une piste en pleine nature, dans un contexte "rocheux", s'interrompt faute d'un tracé visible ?

Les bons randonneurs ne renonçant pas pour si peu, et ne prenant pas pour autant le risque de s'en remettre au hasard, savent qu'il faut alors porter le regard au loin, repérer un cairn, et surtout ne plus lâcher ce "témoin" des yeux jusqu'au moment de l'avoir rejoint.

La présence en effet d'un cairn au lointain signifie "qu'un autre est venu là avant". Et donc qu'il y a un passage possible. Mais il faut nécessairement savoir dans ce cas reconnaître de loin le fait avant tout qu'il s'agisse bien d'un témoin artificiel, et non d'un quelconque rocher naturel. Un objet par conséquent "fait de main d'homme". Un artefact en somme, qui par "contraste" se distinguera dans un contexte de "nature".

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Cet objet "culturel" dans la réalité d'une montagne porte bien un nom : un cairn, une borne qui symbolisait autrefois le dieu des passages justement, dans les montagnes : Hermès, ou Mercure, le dieu alchimique de la Table d’Émeraude. Et que disait-il encore ? Que le haut était comme le bas, et donc le macrocosme comme le microcosme. Et inversement : la petite métaphore comme la montagne toute entière.

Mais Hermès était aussi le dieu des voyageurs perdus. Alors il leur bâtissait discrètement des cairns sur le chemin, en l’occurrence ici un cairn de sanguine sur un vieux plan jauni par les siècles. 

Le rocher en trop, et donc fait de main d'homme sur la crête, n'était bien qu'un cairn de papier sur un plan, destiné à nous faire comprendre qu'un autre était passé, et donc qu'un chemin, qui avec le temps semblait s'être presque effacé était encore possible.

La piste interrompue depuis cinq siècles reprenait donc là-haut. 

A partir de là, qu'auriez-vous fait à ma place ?


Jean-Pierre PERINI

09/02/2013

Léonard de Vinci, la petite métaphore microcosmique et le Bugarach

A cause d'un dessin qui dans ses carnets montre une silhouette superposable à celle du Pic de Bugarach, l'hypothèse d'un Léonard de Vinci venu un jour dans les Corbières semble nous laisser avec des questions apparemment aussi insolvables "sur le papier", que dans la réalité la muraille de roche de la montagne paraît infranchissable. 

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Pour espérer trouver un indice il n'y aurait donc pas d'autre voie que de tenter de faire parler l'unique pièce à conviction à ce stade de ce dossier : le dessin lui-même.

BUGARACH LEONARD VINCI

Un dessin de montagne censé représenter la réalité. Pourtant il y a donc quelque chose sur la ligne de crête qui contrevient de façon flagrante avec la réalité.

 BUGARACH,LEONARD,VINCI

Si Léonard de Vinci avait représenté le Pic de Bugarach alors pourquoi tout à gauche de la crête aurait-il dessiné... "quelque chose qui n'existe pas" ?

BUGARACH,LEONARD,VINCI

En effet il y a là comme une sorte de rocher griffonné induisant une idée évidente de reprise et de ce fait attirant d'autant plus l'attention que partout ailleurs le tracé parait réalisé d'une main ferme et définitive. Un artefact, au vu de la réalité attendue en ce point de la ligne de crête, dont par ailleurs l’Intérêt se voit renforcé par le fait que la main même de Léonard le surmonte d'une inscription ; en l’occurrence la plus significative. Au niveau de cet objet graphique la ligne discrètement dessinée qui apparaît juste au dessus de la ligne de crête proprement dite, et destinée à définir la limite à ne pas dépasser pour les détails (voir note précédente) a ici été franchie sans hésitation bien au dessus, exactement au double, du niveau correspondant à la réalité. Bien sûr on imagine en première analyse que la main de Léonard de Vinci après une erreur (une telle erreur de la part d'un génie artistique ?) soit tout simplement revenue dans un deuxième temps à cet emplacement pour reprendre et corriger une erreur "à la baisse", d'où le griffonnage, l'artiste  ne pouvant effacer purement et simplement le tracé erroné éxécuté à la sanguine.

DETAIL CRETE.PNG

Une très fine analyse cependant des tracés montre un scénario tout autre. Le plus élevé des deux niveaux présente des interruptions de tracé à mi-hauteur. Or si le plus petit des tracés avait été réalisé après le plus élevé rien ne permettrait d'expliquer l'absence de solution de continuité observée sur les deux pentes de ce tracé extérieur. 

bugarach,leonard,vinci

Autrement dit il semble donc qu'il y ait eu reprise du tracé du niveau le plus élevé, ce qui implique que ce soit ce tracé le plus élevé qui ait fait l'objet d'une correction.

En d'autres termes il n'y a pas eu correction à la baisse pour revenir après coup au niveau de hauteur le plus bas correspondant à la réalité, une réalité par ailleurs prédéfinie par la ligne de contention tracée par l'artiste, mais un rehaussement.

Or dans ce cas une surélévation qui aurait donc porté le niveau de tracé au dessus du niveau réel, en l’occurrence du double. On peut parler ici d'une transgression graphique contrevenant à la recherche de réalisme qui domine dans tout le reste du croquis de cette montagne. En ce sens cette transgression sous-entend l'idée d'une intention. Intention derrière laquelle on peut raisonnablement envisager le fait d'un message sous-jacent. 

En résumé en première intention la main de Léonard aurait ainsi dessiné juste, on ne pouvait s'attendre à moins de sa part, c'est ensuite qu'il y a eu "l'erreur volontaire" du rehaussement. Détail qui du fait de ce dépassement mais aussi de son apparence griffonnée à fortiori surmontée d'une inscription ne pouvait qu'attirer l'attention de tout observateurjusqu'à devoir réaliser que le pyramidion était bien "en trop" sur le dessin, à ce niveau en tout cas de hauteur, par rapport à la réalité du Pic de Bugarach. 

Pourquoi dans ce cas cette erreur volontaire ?

Il va falloir maintenant tenter de comprendre, mais quoiqu'il en soit il est clair, le fait est essentiel, que la conséquence directe de ce fait intentionnel aura donc été d'aimanter irrésistiblement le regard sur cet emplacement de la ligne de crête, où paradoxalement dans cette réalité du Bugarach que peuvent visiter chaque jour les randonneurs aujourd'hui :  "il n'y a rien".

Résumons :

1. Un élément de relief attirant l'attention sur ce point de la crête en raison de son aspect griffonné détonant dans un contexte globalement défini d'une main ferme

2. Un artefact dérogeant de ce fait dans un dessin globalement fidèle à la réalité, une fois bien sûr inversée l'anamorphose.

3. Une reprise de tracé non pas corrigeant une erreur manifeste mais créant intentionnellement un écart par rapport à la réalité, en l’occurrence par une surélévation pouvant être mesurée même d'un rapport 2.

4. Une inscription très visible et par ailleurs la plus significative du dessin entier

Quatre éléments superposés en un point unique du dessin qui ne peuvent que soulever la question d'une intention et donc celle d'une finalité sous-tendant leur mise en oeuvre.

Maintenant il convient de faire un constat. Pourquoi nous posons-nous ces questions ? Ou si l'on veut nous serions-nous posés ces questions si nous n’avions pas découvert dans la réalité une montagne superposable à un dessin une fois celui-ci ayant subi une anamorphose, en l'occurrence d'un coefficient 2 ?

La réponse est non. Devant un dessin resté en l'état tel qu'il apparaît dans les carnets nous aurions éventuellement observé la curiosité d'une reprise de tracé et certainement noté la présence de l'inscription mais jamais le fait d'une artificialité de la présence en ce point d'un élément surélevé ne nous aurait atteint.

En d'autres termes le pertinence de l'observation, pour ce qui est de l'artefact pour commencer, ne s'adresse qu'à ceux qui au préalable, comme nous en ce moment, ont trouvé d'une part quelque part dans le monde réel une montagne ressemblante, mais s'adresse également à ceux qui ont noté que cette montagne n'apparaît ressemblante qu'une celle-ci "désanamorphosée".

Bref, ces faits observables ne s'adressent-ils pas en définitive à ceux qui à ce stade en seraient venus à se poser les questions mêmes que nous nous sommes posées ? Quelles ont été en effet nos questions ?

1. Le fait qu'une anamorphose ait permis au dessin de se superposer à une réalité tient-il du hasard ou d'une intention ?

2. Dans le second cas pourquoi une erreur en ce point par rapport à la réalité ?

 

Pour la question 1. comment se définit donc "techniquement" la transformation de l'anamorphose sinon par un étirement vertical du double de la hauteur initiale de la montagne dessinée. 

Pour la question 2. à quoi peut servir d'attirer notre attention sur l'artefact en trop sinon à nous suggérer d'analyser finement cet artefact. Ce que nous avons fait, et qu'avons-nous conclu ? 

Que cet artefact résultait d'une surélévation du double de la hauteur initiale de la petite colline de départ.

 

Voilà où est la... finalité.

Nous, qui avons noté le fait qu'en étirant le dessin d'une montagne du double de sa hauteur le résultat se superpose à une vraie montagne, puis qui de ce fait même avons ensuite noté qu'en un endroit unique du dessin le dessin diverge pourtant sensiblement de cette réalité, ne devions-nous pas immanquablement en venir à noter que cet artefact s'étirait tout autant du double de sa hauteur pour contrevenir à la réalité ? 

Bref Léonard de Vinci dans un message subliminal mais ciselé avec une précision "psychologique" d'une finesse absolue ne s’adressait il pas à nous, personnellement, directement par delà le mur du temps, comme s'il avait pré-entendu la seule question honnête et censée que nous devions nous poser :

Avons-nous vraiment raison de croire qu'il y ait eu intention de la part de l'artiste pour dissimuler le Bugarach d'un voile anamorphique ?

puis répondu lui-même à cette question en piégeant d'abord notre regard en un lieu précis de la crête, à cause d'une anomalie, puis en nous montrant grâce à quoi en définitive, sinon une petite métaphore d'anamorphose linéaire de coefficient 2 aussi, que non... nous n'avions pas tort de le croire : il y avait bien  intentionnalité, la petite métaphore microcosmique était là pour nous, après avoir attendu cinq siècles, et espérant que quelqu'un finisse un jour par comprendre.

Alors et maintenant... l'inscription.

Le fait est très complexe en réalité. Nous verrons que cette inscription viendra ouvrir un champ d'investigation, pour ce qui est des motivations du voyage oublié, dont nous ne pouvons à ce stade qu'à peine imaginer la portée. Mais en première intention nous verrons aussi que cette inscription - avec un humour à peine concevable et destiné aux experts de son temps qui certainement plaisantaient moins encore que ceux d’aujourd’hui avec les images cachées dans les images,  ce qui n'est pas peu dire - non seulement déminait par avance toute entreprise inquisitrice destinée à défaire trop vite le secret de cette image, mais également livrait une clef d'interprétation qui tient dans le concept même de MACROCOSME.

Un concept issu du pythagorisme et qu'après Ficin, Pic de la Mirandole l'ami de Léonard avait étudié dans le cadre de la traduction de ce texte retrouvé alors et traduit avec pour objet de définir le rapport entre le haut et le bas, ou encore le grand et le petit. Pour tout dire le MACROCOSME et le MICROCOSME. Ici le concept s'applique dans un rapport entre MONTAGNE macrocosmique et PETITE COLLINE microcosmique.

La montagne est comme la colline. Et inversement. 

Nous étions donc invités à comprendre, à travers l'inscription je reviendrai sur ce point, que si le haut était comme le bas, et inversement, alors la montagne était comme la colline. Et inversement, avec le même coefficient d'anamorphose.

 

Le rapport entre "le petit et le grand" était encore une fois au cœur même de la cabale chrétienne que Ficin et Pic de la Mirandole avaient codifiée à la Renaissance, et Léonard, l'ami de Pic, connaissait indiscutablement ces notions en définitive proches du pythagorisme et donc du concept de mise en harmonie entre l'homme et le monde, le PETIT homme et le GRAND univers.

Mais à quoi cela sert-il ?

A ce stade, en revenant à l'artefact sur la crête de la montagne sur le dessin, il fallait donc prendre conscience d'une chose. Le petit pyramidion qui avait donc été relevé artificiellement de la main même de Léonard, ne l'avait pas été du tout au hasard.

Le REHAUSSEMENT avait été exactement du DOUBLE, entre le niveau de départ et le suivant.

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Alors...

-  Un rehaussement

-  Un coefficient multiplicateur d'une valeur entière, et la plus simple qui soit : 2

De quoi rappeler quelque chose...

C'était ni plus ni moins ce qui s'était passé pour le dessin de la montagne elle-même, qui pour ressembler au Pic de Bugarach avait du être :

-  Rehaussée

-  Avec un coefficient d'anamorphose d'une valeur exacte de 2 !

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Le même coefficient pour le pyramidion rehaussé... et l'anamorphose... 

En fait tout se passerait ici comme si Léonard de Vinci avait créé de toute pièce un objet virtuel qui n'existe pas dans la réalité (le cairn, l'artefact) pour tout d'abord piéger grâce à un "griffonnage" notre regard sur cet emplacement précis dans le dessin, jusqu'à devoir réaliser ensuite que cet objet paradoxal n'était pas autre chose qu'une petite... métaphore d'anamorphose !

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En d'autres termes à partir du dessin tel qu'il se présentait initialement dans le carnet de Léonard de Vinci (et qui depuis cinq siècles n'avait jamais permis en l'état d'identifier le modèle en pleine nature) il suffisait après en avoir pris conscience, et après avoir fait parler le mot mystérieux inscrit comme par hasard juste au dessus : une référence nous le verrons dans le détail dans un autre article du blog au signe du Macrocosme) de...

... transposer la petite métaphore microcosmique de l'artefact, au macrocosme de la montagne entière.

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Et ainsi rompre enfin un enchantement qui avait plongé la réalité du Bugarach dans un sommeil de cinq siècles. Grâce en définitive à un ANTIDOTE que Léonard avait lui-même laissé sur la crête pour nous permettre de réveiller la montagne. Plus exactement notre prise de conscience puisque la montagne elle, n'a pas changé en cinq siècles. Nous n'avions fait que passer devant avec trop d'indifférence, laissant même notre attirance pour les fantasmagories - un certain roman d'aérogare au sujet d'un certain code lié à da Vinci et une apocalypse d'opérette pour ce qui est du Bugarach - s'interposer entre notre raison et la réalité.

 

Pour ce qui est donc de l'anamorphose : peut-on maintenant toujours penser que cette histoire d'anamorphose tenait de la coïncidence, sachant encore une fois que ce dessin se trouve dans un carnet de celui-la même qui avait inventé l'anamorphose ?

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Condition sine qua non pour en venir ensuite à prendre conscience du fait

- que Léonard avait dessiné le plus haut sommet des Corbières, et donc

- que pour ça il l'avait nécessairement rencontrée, et donc

- qu'il avait fait un voyage par voie de mer ou de terre entre l'Italie et le piémont nord pyrénéen sans que personne n'en sache jamais rien.

Avec dans ce cas ce fait déroutant que cette "perte de mémoire" il l'avait lui-même organisée et mise en scène. Mais plus encore, c'est donc lui aussi - en insérant à même le croquis piégé "l'antidote" qui permettrait un jour de remonter le temps jusqu'à l'instant précis où il avait levé les yeux sur le Bugarach, quelque part sur un chemin perdu - qui avait donc organisé en personne le fait qu'un jour on puisse finir par comprendre. Grâce à l'allégorie du pyramidion, et surtout au principe de "mémoire de forme" ; propriété inhérente à toute anamorphose. 

 

Faut-il maintenant s'arrêter là dans cette enquête ?

Revenons à cet emplacement qui sur la montagne était censé aimanter notre regard grâce à un artefact. Nous y avons donc trouvé ce rocher paradoxal "qui n'existe pas dans la réalité" parce qu'il n'avait d'autre fonction que de servir de métaphore pour une anamorphose...

Alors reprenons les recherches à partir de l'endroit où la piste s'est arrêtée.

S'il nous a mené jusque là ça ne peut-être par hasard. C'est bien qu'il doit y avoir quelque chose, ici, ou là, quelque part autour du petit "pyramidion transparent".

Vous ne voyez rien ?

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Je vous laisse chercher.

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Si bien sûr, vous l'avez vu. Et vous commencez à comprendre. Il y avait bien encore quelque chose, un détail présent depuis le départ, mais trop insignifiant pour sembler avoir quelque importance. Trop au delà quoiqu'il en soit de la perception immédiate pour prendre conscience de ce qu'implique nécessairement son tracé si... paradoxal.

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Demain nous presserons donc la dernière goutte du vieux secret perdu de Léonard de Vinci. Enfin, pas trop vite, ne nous emballons pas. Si pour le moins nous retrouvons un début de sentier permettant, à partir de la crête du Bugarach, de reprendre l'enquête ce ne sera déjà pas si mal.

A demain donc pour la suite des aventures.

 

Jean-Pierre PERINI

 

07/02/2013

QUESTIONS SUR UN DESSIN

Dans la note précédente - Un dessin du Pic de Bugarach par Léonard de Vinci - je montrais le dessin qui se trouve dans les carnets de l'artiste et qui une fois anamorphosé se superpose avec la silhouette du Pic de Bugarach.

BUGARACH DOUBLE.PNG

Ce qui sous-entend sa venue dans les Hautes Corbières il y a cinq siècles. Une réalité qui se montrera en mesure d’expliquer de nombreux faits restés inexpliqués dans l'histoire de cette région mais dont aucun expert à cette heure encore n'a conscience pour ne pas dire ne peut même envisager puisque aucun livre d'histoire n'en parle.

Voici deux vues plus resserrées du dessin et de la montagne permettant de mieux voir les détails.

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On pourra si'interroger légitimement sur quelques différences en certains points. Cependant il convient de ne pas oublier que Léonard de Vinci n'aurait dessiné il y a cinq siècles qu'une vue "anamorphosée", du Bugarach.

Et qu'ici ce profil n'est donc pas celui physiquement dessiné initialement, à savoir une vue déformée de la réalité, mais celui qui aura résulté de l'inversion, de cette transformation ; avec ce que cela sous-entend en terme de perte d'information graphique, pour ce qui est des détails, sur un croquis ne mesurant qu'une dizaine de centimètres. Avec le fait surtout qu'il s'agirait donc non pas d'un travail d'atelier, avec repérages graphiques et mesures (voire "machines" mécanographiques), mais d'un travail "de terrain", le morphing ayant été mis en oeuvre mentalement, "dans la tête" de l'artiste. D'instinct en quelque sorte. 

Les aspects indirects de ce processus induisent ainsi naturellement des imperfections qu'un artiste de la dimension de Léonard n'aurait pas commises dans un travail de représentation directe.

On pourra d'ailleurs prendre note de la présence d'une ligne "technique" qui juste au dessus de la ligne de crête sur le dessin suit toute la longueur de son tracé. Une ligne comme celles qu'un artiste trace pour en termes de proportions définir préalablement une allure générale avant de dédier toute son attention à la représentation des détails. Or si Léonard avait réalisé en extérieur d'autres exemples de montagnes il est un fait que JAMAIS il n'avait eu recours, ailleurs, à cette disposition technique. Ainsi dans le cas de cette montagne-ci pourquoi aurait-il ressenti la nécessité de se donner cette sécurité, comme un apprenti ordinaire en définitive, pour dessiner une simple montagne, s'il n'y avait le fait d'une difficulté supplémentaire qu'il se serait lui-même imposée. En l’occurrence l'anamorphose. A fortiori une anamorphose "de terrain", debout et les pieds dans la poussière d'un chemin, appliquée à la silhouette d'une montagne au profil complexe pour ce qui est précisément des détails sur la crête.

En ce sens les imperfections apparaîtront en définitive mineures en rapport au regard du niveau de ressemblance. Sans oublier que ces quelques "coquilles" rémanentes sur la ligne de crête peuvent aussi résulter du fait qu'à partir du chemin où il fallu se positionner pour retrouver cette vue il resterait encore à définir si possible "au mètre près" l'emplacement exact où l'artiste s'était positionné. Une analyse très fine des détails de la crête sur les deux profils comparés montrera en ce sens que cette "superposabilité" serait ici améliorée en quittant le sentier ou la route (entre le village et le lieu-dit Cascade des Mathieu, pour se rapprocher de la montagne tout en se déplaçant vers la droite autrement vers l'est. Je m’emploierai dès que possible à proposer ici une vue plus "conforme" au dessin.

Quoiqu'il en soit, resterait toujours... à comprendre. 

S'interroger surtout sur ce fait que pour en arriver à une ressemblance avec une réalité, et sachant que Léonard de Vinci était lui-même l'inventeur à la Renaissance de ce procédé (directement issu des travaux sur la perspective et connu alors uniquement de quelques spécialistes dans toute l'Europe), il ait fallu appliquer une anamorphose à un de ses dessins. Comment dans ces conditions - puisque l'anamorphose, un procédé destiné en soit à dissimuler une réalité, aurait ainsi de fait été à l'origine de "l'oubli" d'un événement à travers les siècles - ne pas envisager que cette amnésie de cinq siècles ait en fait résulté de la volonté de la part de Léonard de Vinci d'occulter sa rencontre avec le Bugarach ?

On pourrait philosopher longtemps sur le sujet. Le fait qu'à ce stade tout ne repose que sur une ressemblance - même si resterait le fait troublant que celle-ci ne se manifeste que par la mise en oeuvre d'un coefficient d'anamorphose qui n'a rien d'aléatoire - incitera les experts à étayer cette ressemblance par d'autres éléments convergents.  

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Avant d'élargir le champ des recherches certainement faut-il pour commencer s'attacher à épuiser la recherche d'éléments sur le dessin lui-même en le comparant finement avec la réalité du Bugarach une fois effacé par conséquent le "voile" visuel de l'anamorphose que Léonard de Vinci aurait lui-même un jour disposé devant sa vision réelle d'un paysage.

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Or si on compare le dessin à la réalité, et après avoir donc admis qu'il y avait quelque chose comme une ressemblance entre le croquis et ce paysage "de nature", il restera à prendre conscience du fait que Léonard de Vinci semblait manifestement chercher à aimanter notre regard sur quelque chose dans son dessin, qui en définitive...  n'existe pas dans la réalité. 

DETAIL CRETE.PNG

Un piton rocheux en effet sur la crête, qui si on compare les deux vues... n'aurait rien à faire là. D'ailleurs, contrairement à tout autre endroit sur ce dessin de montagne dessiné d'une main ferme, cet élément comme raturé sur la crête ne présente-t-il pas un aspect quelque peu artificiel ? C'est ce que je vous propose de tenter d'élucider dans le prochain article.

Le mystère du petit artefact de Léonard de Vinci sur son dessin perdu.


Jean-Pierre PERINI

03/02/2013

Un dessin du Pic de Bugarach par Léonard de Vinci

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J'aimerais vous montrer ce que j'ai eu la chance de pouvoir découvrir dans un dessin de Léonard de Vinci.

Je suis un simple amateur sur ces sujets et j'ouvre aujourd'hui ce blog sur une idée en elle-même très simple.

Il s'agit de mettre en lumière le fait que Léonard de Vinci se soit un jour rendu dans les Corbières, dans le sud de la France, alors que bien entendu rien dans ses biographies n'évoque ce voyage. Chacun pourra ici se faire une idée de par lui-même en prenant en compte les éléments apportés au fur et à mesure de l'avancement du blog. Je serais très heureux que vous soyez simple amateur comme moi ou éventuellement spécialiste sur ces sujets d'avoir votre avis sur la question, soit en commentaire (en bas de cette page) soit par courriel en haut à droite de la page (me contacter).  Je vous en remercie par avance .

 

Voici le dessin en question. 

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Les experts connaissent depuis toujours ce croquis dans les carnets de l'artiste et chacun, même si ce dessin a de fait été relativement peu diffusé, pourrait le découvrir de par lui-même au hasard de la lecture d'un simple livre sur l'oeuvre dessinée de Léonard de Vinci. En ce moment même est par exemple disponible dans toute librairie une parution diffusée par un des plus grands noms de l'édition et qui comporte ce croquis présenté pleine page. Les coordonnées de cet ouvrage facile d’accès et garantissant en lui-même le fait que ce dessin provient bien d'un carnet de Léonard de Vinci seront communiquées à toute personne qui m'en ferait ici la demande par mail.

On sait que Léonard aimait s'éloigner des villes et des grandes routes pour étudier la nature à travers une observation directe de façon à pouvoir porter son propre jugement sur ce qu'il observait. Or selon les spécialistes les caractéristiques graphiques de ces montagnes qu'il avait dessinées dans ses carnets démontrent par entre autres l'absence d'idéalisation qu'il s'agissait de lieux réels. Ce dessin-ci entre dans ce cas de figure.

Par ailleurs apparaissent dans le dessin plusieurs mentions manuscrites, dont une en particulier plus significative que les autres au dessus d'un curieux piton qui sur la gauche de la silhouette semble avoir fait l'objet d'une reprise de la part de l'artiste. Aucune traduction n'étant disponible je me suis lancé, comme chacun peut s'y employer, dans une tentative de déchiffrement nécessitant bien entendu l'emploi d'un miroir du fait de l'écriture spéculaire de Léonard. Cependant une fois levées, ce qui en fait n'est pas si simple, les difficultés tenant aux caractères difficilement compréhensibles de sa calligraphie le résultat obtenu a de quoi laisser perplexe. Je reviendrai donc sur ce point surprenant quand nous en viendrons aux motivations de ce voyage "oublié" de Léonard de Vinci après avoir noté la ressemblance entre le dessin et une réalité. 

A noter... (survoler avec la souris).  Pour les paysages (survoler). En ce sens... (survoler).

Ainsi les experts envisageaient depuis toujours qu'on puisse finir dans le cas de ce dessin, comme il en est pour d'autres sites, par retrouver quelque part nécessairement en Italie, dans ce cas dans les Apennins ou éventuellement jusque dans les Alpes, la montagne qui dans le monde réel avait un jour servi de modèle. 

Le fait est cependant que jusqu'ici personne n'a pourtant jamais pu trouver cette montagne.

Si on y pense bien ce fait serait en lui-même assez surprenant. Comment se pourrait-il qu'en cinq siècles personne n'ait pu identifier le modèle de ce dessin alors que les sites montagneux d'envergure (de toute évidence celui-ci en est un), sur les chemins connus de Léonard qui loin des villes n'ont pas changé depuis cinq siècles, ne sont pas si innombrables.

Alors en définitive ne pourrait-on pas se demander si une raison, qui resterait à définir, n'aurait éventuellement fait en sorte que nos yeux jusqu'ici aient été dans l'impossibilité matérielle de pouvoir mettre en relation directe le dessin et son modèle ?

Mais encore bien entendu faudrait-il mettre un nom sur ce fait. 

Alors pour ce qui est donc de ce dessin montré plus haut tel qu'il apparaît depuis cinq siècles dans les carnets de Léonard de Vinci, et que voici à nouveau...

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... regardez ce qui se passe maintenant si on considère cette vue dessin d'un simple regard... de travers. 

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C'est forcément alors, sur un plan visuel, d'une certaine manière une "autre montagne" qui apparaît. Or c'est bien ainsi que le dessin s'était présenté à mon regard la première fois que je le découvrais. Je faisais alors défiler les pages d'un livre non pas en tenant celui-ci bien à plat et la page grande ouverte, mais à bout de bras et en faisant défiler rapidement les pages sous mes yeux. A cet instant cette vue m'est apparue de ce fait en biais avec par conséquent, en terme de perspective, la déformation nécessairement consécutive à cet angle visuel. 

Je me souviens avoir alors pensé tout simplement : "Tiens... je connais cette montagne" sans réaliser à cette seconde encore que je venais de poser les yeux sur une preuve qu'avant d'avoir fini par renoncer j'avais longtemps cherchée à la suite d'une recherche partie d'un détail dans le paysage de la Joconde. A défaut encore d'avoir exposé ici les éléments de cette recherche je mesure combien cela pourra sembler difficile à prendre en compte mais j'en étais venu en suivant des éléments convergents à devoir envisager le fait que Léonard de Vinci ne pouvait nécessairement qu'être venu dans l'Aude. Ce qui en soit encore une fois, je me mets à la place de celui ou celle qui découvre ce fait, parait improbable.

Alors voilà maintenant sur cette photo prise récemment, ce que voient tous les matins en ouvrant leurs volets les habitants du petit village de Bugarach, dans le département justement de l'Aude .

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Ceux qui ne connaissent pas cette montagne ne comprendront toujours pas mais les habitants de ce village savent qu'une simple ballade matinale - sur un petit sentier qui en direction du sud contourne la montagne par la droite - permettra de se mettre en condition cette fois, en levant simplement les yeux, de voir le Pic sous un tout autre aspect.

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En effet la silhouette apparente de ce massif imposant varie très rapidement du fait de sa topographie complexe. Lmoindre déplacement de l'observateur fait que le profil s'en trouve immédiatement transformé. L'effet de contre-plongée sous la grande falaise tout à droite du profil, d'un simple point de vue relatif paraîtra alors sans cesse plus surplombant, tandis que dans le même temps la pente apparente de la longue ligne de crête accidentée qui descend vers la gauche, se mettra à "pencher" toujours davantage. 

A un moment, parvenant en un point donné de ce sentier nommé "chemin cathare" dans les guides, il suffira alors de comparer simplement le paysage avec un dessin : le croquis - une fois bien sûr "défait de son voile" - d'une montagne anonyme que Léonard de Vinci avait un jour couchée dans un carnet, il y a cinq siècles, en s'égarant en un lieu qui à ce jour était resté inconnu... et qui, quelque part en pleine nature, aurait dû à priori se trouver en Italie.

Où les experts la cherchent toujours.

Voici les vues comparées que je présentais à l'origine de ce blog.

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Et voici une nouvelle vue prise depuis un emplacement plus approprié. On notera qu'en s'approchant encore tout en s'orientant vers la droite, pour cela il est donc nécessaire de s'écarter du chemin, les détails sur la crête se montreront encore plus superposables. Je me rendrai bientôt sur place pour pouvoir vous proposer une nouvelle vue en ce sens.

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Et certainement aurait-on pu chercher longtemps en Italie puisque cette vue photographique est donc prise dans le sud de la France, et qu'il s'agit du plus haut sommet des Corbières.

Le Pic de Bugarach.

Où Léonard de Vinci (à lire ses biographes, lesquels écrivent aussi qu'il restait bien un "blanc" ou deux dans l'agenda de sa vie) ne s'est jamais rendu.

A ce stade il suffirait de regarder, et comparer, pour en venir bien sûr dans un deuxième temps à se poser les questions qui s'imposent à l'esprit. Certes une simple ressemblance aura toujours un caractère relatif et il faudra beaucoup plus pour obliger les experts à réécrire quelques pages dans leurs biographies de l'artiste, cependant je pense pour ma part que cette comparaison apporte les éléments suffisants en eux-mêmes pour décider du fait que le hasard ne peut expliquer une telle ressemblance. Ce sont cependant les éléments convergents du dossier qui suivront dans ce blog qui finiront d'étayer cette position. En particulier quand il sera question de ce qui se trouve en un point précis du site, plus exactement en un point situé au sommet de la montagne.

Quoiqu'il en soit on l'aura compris considérer le croquis de Léonard de Vinci non pas d'une vision naturelle, c'est-à-dire de face, mais avec un certain "angle d'attaque", revenait simplement à en déformer la représentation en lui faisant subir un traitement graphique parfaitement connu sous le nom... d'anamorphose. En l’occurrence ici une anamorphose linéaire, la plus simple qui soit.

On peut bien entendu se demander s'il est raisonnable sinon rationnel d'envisager que ce dessin connu de Léonard de Vinci dans ses carnets puisse montrer non pas une vue directe d'une réalité mais la déformation, d'une réalité. Pour cela il faudrait être certain que Léonard de Vinci connaissait le procédé graphique de l'anamorphose. Or c'est bien le cas puisque les experts ont identifiés deux exemples précis dans ses carnets. Mais le fait est par ailleurs qu'il savait non seulement mettre en oeuvre ce procédé, mais il en était ni plus ni moins l'inventeur dans l'art occidental. 

En ce sens cette question, sur le plan pour commencer du principe, n'a-t-elle pas trouvé sa réponse ? Ainsi le fait que le site ayant servi de modèle au dessin n'ait jamais pu être identifié en cinq siècles s'expliquerait du simple fait que où que ce soit - en Italie ou ailleurs - l'image proposée dans les carnets forcément ne pouvait s'apparenter à aucune réalité visible. Et il y avait bien par conséquent une "raison" : l'anamorphosequi avait fait en sorte que nos yeux aient été dans l'impossibilité matérielle d'identifier le modèle. D'une certaine manière un voile graphique tiré depuis cinq siècles devant le dessin.

Sur un plan donc graphique, maintenant, et en mode moins artisanal qu'une vision en biais, il suffira pour oser affronter bien "en face" cette fois le "problème", de faire sur un plan subir à l'image une déformation anamorphique en ne faisant varier qu'un seul paramètre à la fois. 

Soit en déformant  le profil du croquis dans le sens de la hauteur. 

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Soit en "pinçant" la longueur horizontale sans cette fois modifier la hauteur.

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Le résultat sera le même dans la mesure où, dans un sens comme dans l'autre, en valeur absolue le coefficient d'anamorphose demeure identique. Avec à noter ici le fait que dans ce cas ce coefficient multiplicateur (ou démultiplicateur) prend une valeur simple, et précise :

                                                 2

Ce qui en soit est remarquable. Un nombre en définitive si peu aléatoire.

Si le fait de pouvoir superposer un dessin anamorphosé de Léonard de Vinci avec une montagne réelle ne devait résulter que d'une simple coïncidence, alors ce coefficient n'aurait-il pas eu une chance infinie de prendre une valeur totalement aléatoire ? En d'autres termes ne fallait-il pas s'attendre à ce que cette valeur s'exprime pour le moins par un nombre à virgule ?  Or ici on a donc le plus simple et précis à la fois des nombre entiers que l'on puisse mettre en oeuvre pour une anamorphose. De quoi commencer peut-être à suspecter au moins le fait d'un choix. Et donc d'une intention.

Rien pour autant ne permet, dans l'absolu, d'affirmer qu'il ne s'agisse pas simplement d'un hasard. Mais rien non plus n'interdit plus maintenant de se risquer à envisager le fait qu'une motivation sous-jacente ait pu guider cette anamorphose.

 

Résumons.

Nous avions donc déjà une ressemblance entre un dessin et une vraie montagne qui parce la réalisation d'un portrait nécessite forcément la rencontre entre l'artiste et son modèle, et puisque les montagnes ne se déplacent pas, obligerait à commencer au moins à envisager l'idée que cette ressemblance puisse ne pas être le fait d'une coïncidence ; autrement dit le fait que Léonard de Vinci ait pu un jour venir dans les Corbières.

Mais voilà donc un second élément qui se rajoute à ce dossier : la valeur trop simple et précise d'un coefficient d'anamorphose, induisant de ce fait la possibilité d'une intention dans le fait de l'emploi de cette technique graphique, l'anamorphose, qui, en définitive, repose tout entière sur l'idée même de dissimuler une image derrière une apparence.

 

Alors maintenant comment ne pas en venir à se demander si Léonard de Vinci, en effaçant lui-même des mémoires - par l’anamorphose - la trace rémanente dans ses carnets d'une rencontre possible avec le modèle d'un dessin, n'aurait pas intentionnellement fait le nécessaire pour qu'on ne sache jamais qu'il soit un jour venu dans les Corbières ? Ou du moins retardant ainsi la prise de conscience de l’événement ?

Ce que l'on pourrait dire à partir de ce point est qu'au regard de l'enjeu les perspectives qui s'ouvriraient quand on en viendrait à chercher à comprendre les motivations d'un tel voyage, ceci au delà même, ce qui ne serait déjà pas rien, de devoir réécrire un sous-chapitre de la biographie officielle d'un génie "égaré", seraient considérables. La prudence suggérerait donc encore de ne pas se prononcer définitivement. Il faudrait nécessairement aller plus loin dans l'analyse. Autrement dit "descendre" maintenant le niveau d'observation au niveau des détails pour pouvoir trancher entre hasard et intention, et espérer finir par conclure pour ce qui est de l'hypothèse d'un voyage oublié de Léonard de Vinci dans les Corbières.

pic de bugarach,bugarach,léonard de vinciCe qui est certain c'est qu'aucun expert à cette heure n'accepterait sans une preuve absolue d'envisager même l'idée que l'artiste ait pu se déporter à plus d'un demi-millier de kilomètres de l'axe de ses déplacements connus tout au long de son existence entre le centre nord de l'Italie et le Val de Loire.

 

Mais peut-être les spécialistes de l'oeuvre de Léonard de Vinci pourraient commencer ici à trouver matière au moins à exercer une analyse approfondie des éléments en présence. En tout cas ce blog je l'espère, permettrait peut-être d'ouvrir une réflexion.

J'ai cherché de mon côté à tenter de vérifier dans les livres traitant de l'oeuvre de Léonard de Vinci comme de l'histoire de cette région s'il était possible de trouver quelque chose, ne serait-ce qu'un lointain écho perdu avec l'idée d'un voyage dans les Corbières. Et de fait, j'y reviendrai ultérieurement en entrant dans des détails accessibles à tout un chacun dans les livres d'histoire, les indices contre toute attente ne manquent pas.

Mais avant d'élargir le champ de l'enquête c'est le dessin lui-même, à travers une étude très fine de ses détails et de ses inscriptions, qui pour commencer va nous permettre de soulever la question de leur interprétation en établissant des liens directs entre ces détails et leur correspondance dans la réalité du Bugarach.

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Jean-Pierre PERINI

3 Février 2013