01/03/2014

La montagne sans nom de Léonard de Vinci

 

Voici le croquis tel qu'il apparaît depuis cinq siècles dans un manuscrit  de Léonard de Vinci.

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On sait bien que l'artiste aimait s'éloigner des villes et des grandes routes pour étudier la nature à travers une observation directe pour pouvoir porter son propre jugement sur ce tout qu'il observait. Selon les spécialistes les caractéristiques graphiques de certains des paysages qu'il avait dessinés dans ses carnets démontrent, de par notamment l'absence d'idéalisation, qu'il s'agissait de lieux réels. Ce paysage entre dans ce cas de figure.

Pourtant - malgré des tentatives maladroites jusqu'ici autant en ce qui concerne les sites proposés que pour ce qui est des essais de déchiffrement des inscriptions présentes sur le croquis - ce profil de montagne n'a dans les faits à ce jour jamais été identifié là où les experts naturellement se seraient attendus à le trouver :  quelque part en Italie, dans les Alpes, ou les Apennins.

Ainsi la montagne, qui quelque part dans le monde réel avait un jour servi de modèle à l'artiste, attendait toujours. 

Si on y pense bien ce fait est en lui-même assez surprenant. Comment se peut-il qu'en cinq siècles - alors que les sites montagneux d'envergure (de toute évidence celui-ci en est un) sur les chemins de Léonard qui loin des villes n'ont pas changé depuis cinq siècles, et ne sont pas si innombrables - personne n'ait pu identifier le modèle de ce dessin ?

Alors en définitive et aussi décalée que semble à première vue cette proposition, ne pouvons-nous pas un instant nous demander si "quelque chose", une raison qui resterait dans ce cas à définir, n'aurait fait éventuellement en sorte que nos yeux jusqu'ici aient été dans l'impossibilité matérielle de pouvoir mettre en relation directe le dessin et son modèle ?

Ne resterait plus dans ce cas, bien sûr, qu'à mettre un nom sur un tel fait. 

Alors maintenant, pour ce qui est donc de ce dessin tel qu'il apparaît depuis cinq siècles dans les carnets de Léonard de Vinci...

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... regardez ce qui se passe si on considère cette vue d'un simple regard... de travers. 

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C'est forcément alors, sur un plan visuel, d'une certaine manière une "autre montagne" qui apparaît. Or c'est bien ainsi que le dessin s'était présenté à mon regard la première fois que je le découvrais.

Je faisais alors défiler les pages d'un gros livre d'art non pas en tenant celui-ci bien à plat et la page grande ouverte, mais à bout de bras et en faisant du pouce défiler rapidement les pages sous mes yeux. De ce fait à cet instant la vue m'est  apparue en biais, avec en terme de perspective la déformation nécessairement consécutive à cet angle visuel, et donc pour conséquence que la silhouette de la montagne s'est naturellement montrée moins allongée.

En quelque sorte, verticalisée

Je me souviens avoir alors pensé tout simplement : "Tiens... je connais cette montagne" sans réaliser encore que je venais de poser les yeux sur une preuve qu'avant d'avoir fini par renoncer, et sans avoir idée de la forme que prendrait cette preuve espérée, j'avais longtemps cherchée à la suite d'une recherche partie d'un détail dans un tableau de Léonard de Vinci.

Et si ce profil m'avait semblé familier c'était juste à cause de la silhouette d'une vraie montagne qui, chemin faisant, était un jour entrée dans mon regard au cours d'une randonnée dans l'Aude. Après avoir visité les ruines du château de Puilaurens je traversais le village de Bugarach pour prendre la direction du château d'Arques, à égale distance environ de Rennes-les-Bains et Rennes-le-Château.

Alors voilà maintenant sur cette photo, ce que voient tous les matins en ouvrant leurs volets les habitants du petit village de Bugarach, dans ce département de l'Aude .

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Ceux qui ne connaissent pas cette montagne ne comprendront toujours pas mais les habitants de ce village savent qu'une simple ballade matinale - sur un petit sentier qui en direction du sud contourne la montagne par la droite - permettra de se mettre en condition cette fois, en levant simplement les yeux, de voir le Pic sous un tout autre aspect.

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En effet la silhouette apparente de ce massif imposant varie très rapidement du fait de sa topographie complexe. Lmoindre déplacement de l'observateur dans chacune des trois dimensions de l'espace

- latéralement en passant dans un sens ou dans l'autre devant le massif

- verticalement en quelque sorte, du simple fait de s'élever ou de descendre sur le relief complexe qui l'entoure

- mais aussi bien sûr en s'éloignant ou en se rapprochant

fait que le profil s'en trouve immédiatement transformé.

Ainsi dans ce cas précis, en contournant par la droite la montagne si on se dirige vers le sud, l'effet de contre-plongée sous la grande falaise tout à droite du profil, d'un simple point de vue relatif paraîtra alors sans cesse plus surplombant, tandis que dans le même temps la pente apparente de la longue ligne de crête accidentée qui descend vers la gauche, se mettra à "pencher" toujours davantage. 

A un moment, parvenant en un point donné de ce sentier nommé "chemin cathare" dans les guides, un point unique, celui-là et aucun autre, il suffira alors - dans cette configuration très précise -  de comparer simplement le paysage avec un dessin : le croquis - une fois celui-ci cependant d'une certaine manière défait d'un voile visuel qui n'aurait ainsi tenu qu'à l'angle d'attaque de la prise de vue - d'une montagne anonyme que Léonard de Vinci semblait ainsi avoir un jour couchée sur un carnet de voyage, il y a cinq siècles, en s'égarant en un lieu qui depuis était resté inconnu...

Lieu qui, quelque part en pleine nature, aurait dû à priori se trouver en Italie.

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Où les experts la cherchent toujours.

 

Et certainement aurait-on pu l'y chercher longtemps, en Italie, puisque cette vue photographique est prise dans le sud de la France, et qu'il s'agit du plus haut sommet des Corbières.

Le Pic de Bugarach.

BUGARACH AQUAYOUP.jpg

Où bien sûr Léonard de Vinci (à lire ses biographes, lesquels écrivent aussi qu'il restait bien un "blanc" ou deux dans l'agenda de sa vie) ne s'est jamais rendu.

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Alors voilà... tout cela, ce fait précisément que la ressemblance était ainsi née non pas d'une vision naturelle c'est-à-dire de face, mais d'un regard en travers, avec un certain "angle d'attaque", revenait bien sûr à dire que la silhouette du Bugarach considéré sous cet angle ressemblait non pas à celle du croquis de Léonard de Vinci tel qu'il apparaît dans ses carnets (et donc jamais identifié sous cette apparence), mais à une vision déforméede ce dessin.

Déformée en l’occurrence en lui faisant subir un traitement graphique parfaitement connu sous le nom... d'anamorphose. Précisément une anamorphose linéaire, encore dite anamorphose plane, la plus simple qui soit.

Voilà donc en quoi aurait constitué ce quelque chose qui nous aurait interdit depuis cinq siècles d'identifier dans le croquis une vision réelle que Léonard de Vinci aurait eu un jour au cours d'une escapade en pleine nature.

Une vision anamorphosée.

Sur un plan donc graphique, maintenant, et en mode moins artisanal qu'une vision en biais, il suffira pour oser affronter bien "en face" cette fois le "problème", de faire sur un plan subir à l'image une déformation anamorphique en ne faisant varier qu'un seul paramètre à la fois. 

Soit en déformant  le profil du croquis dans le sens de la hauteur. 

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Soit en "pinçant" la longueur horizontale sans cette fois modifier la hauteur.

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Le résultat sera le même dans la mesure où, dans un sens comme dans l'autre, en valeur absolue le coefficient d'anamorphose demeure identique. Avec à noter ici le fait que dans ce cas ce coefficient multiplicateur (ou démultiplicateur) prend une valeur simple. Et précise :

2

Ce qui d'un simple point de vue statistique est en soit remarquable. Un nombre, en définitive, si peu aléatoire.

Si le fait de pouvoir superposer un dessin anamorphosé de Léonard de Vinci avec une montagne réelle ne devait résulter que d'une simple coïncidence, alors ce coefficient n'aurait-il pas eu une chance infinie de prendre une valeur totalement aléatoire ? En d'autres termes ne fallait-il pas s'attendre à ce que cette valeur s'exprime pour le moins par un nombre à virgule ?  Or ici on a donc le plus simple et précis à la fois des nombres entiers que l'on puisse mettre en œuvre pour une anamorphose. De quoi commencer peut-être à suspecter au moins le fait d'un choix. Et donc d'une intention.

Rien pour autant ne permet - dans l'absolu - d'affirmer qu'il ne s'agisse pas simplement d'un hasard. Mais rien non plus n'interdit plus maintenant de se risquer à envisager le fait qu'une motivation sous-jacente ait pu guider cette anamorphose.

 

Et la question fondamentale est bien là, impossible à éluder :

Simple hasard ?... ou bien se pouvait-il que la ressemblance puisse résulter d'une intention, de la part du dessinateur ?

Dans ce dernier cas il faudrait bien envisager que celui-ci ait pu rencontrer, physiquement, son modèle.

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Et comme les montagnes ne se sont jamais déplacées à ce jour que dans les fables...

 

De quoi commencer pour le moins à envisager la question du voyage oublié. Pourtant une telle chose était-elle simplement possible ? 

Peut-on imaginer ainsi que Léonard de Vinci, dont bien entendu aucune biographie ne rend compte d'un voyage dans le sud-ouest de la France, avait pu un jour - dans un dessin qui pour les spécialistes ne peut indiscutablement que représenter un site réel - déformer intentionnellement la vision d'une montagne qui, quelque part du côté des Pyrénées et non en Italie, serait un jour entrée dans l'espace de son regard ?

Question qui commencerait par celle de se demander si Léonard de Vinci, dont on connaît directement ou par recoupements la chronologie des faits et gestes d'une carrière de génie universel, aurait pu prendre le temps d'une escapade incognito sur les mauvaises routes d'un pays qui était alors, dit-on, infesté de corbeaux (les Corbières !), et qui, pour un florentin de la Renaissance, auraient dû paraître un bien lointain et improbable far-west ?

Et pour commencer... était-il de son temps même en mesure, que ce soit "mentalement" ou en atelier, de pouvoir mettre en œuvre un tel procédé graphique ? L'anamorphose ?

Avant de nous mettre en quête des aspects finaux :

1. le scénario précis et définitif, 

2. puis le mobile, car il en faut un, et un sérieux, pour avoir fait ça un jour : rayer l'évènement des mémoires par le biais d'une anamorphose, à fortiori inapparente en première intention (puisqu'on ne peut nier qu'il aurait ainsi lui-même fait en sorte que nous en soyons encore là cinq siècles après)

voilà donc maintenant les trois premiers éléments qu'il nous faut avant toute chose vérifier - l'enquête préliminaire en quelque sorte - avant que ne commence l'investigation proprement dite.

1. L'identification et la vérification des SOURCES, d'une certaine manière le relevé des empreintes de l'artiste :

Ce dessin est-il vraiment de Léonard de Vinci ?

2. L'arme du crime dirait-on, s'il s'agissait d'une enquête policière, en d'autre termes la POSSIBILITÉ TECHNIQUE du fait :

L"hypothèse d'une anamorphose intentionnelle est-elle raisonnable ?

Scénario d'une anamorphose / TENTATIVE DE RECONSTITUTION

3. Enfin non pas l'alibi dans ce cas, mais la possibilité d'une "absence", une vacance en quelque sorte dans l'agenda d'un génie universel / LA FAISABILITÉ MATÉRIELLE DU VOYAGE :

Léonard aurait-il pu avoir le temps d'un aller-retour Italie du Nord/Haute Vallée de l'Aude ?

 

 

Jean-Pierre PERINI

 

 

Commentaires

Il semblerait que Léonard de Vinci soit venu en France dans ses très vieux jours et pour y mourir, à Amboise plus spécialement. Nous pouvons spéculer sur le fait que, peut être, il ait fait un petit tour du côté du Bugarach, mais à mon avis il s'agit plutôt là d'une pure coïncidence. Si vous demandez à une centaine de personnes de vous dessiner ou de vous peindre un tableau représentant une montagne, il y a fort à parier que, sur le lot, nous pourrions retrouver une certaine similitude avec le site du Bugarach.

Écrit par : michelcr | 06/03/2014

Bonjour, Michel,
Parfait ! On vous prend au mot. Réunissez 100 personnes capables de vous esquisser 100 silhouettes de montagnes, sans tricher. Renouvelez l'expérience 10 autres fois avec mille autres personnes au dessus de tout soupçons. Ensuite nous aviserons. Pas le tout d'affirmer des velléités, faut passer à l'action avec de la méthode et de la rigueur, quand on est comme vous un excellent rationaliste.
Merci. Tenez nous au courent du résultat. On compte sur vous.
Bien votre. J.M.V.

Écrit par : villette jean-marie | 15/03/2014

en causant de rationalisme je vous invite bien cordialement à venir faire petit tour dans templum personnel.....http://mesnouvelles.blogs.lindependant.com/

Écrit par : michelcr | 16/03/2014

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