27/02/2014

L'AVENTURE REPREND.

Bonjour, je reprends aujourd'hui l'écriture de ce blog après une année d'absence.

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L'expérience avait dès le départ été enrichissante. Beaucoup d'entre vous, les uns avec sympathie les autres avec exigence, m'avaient fait part de leur enthousiasme. Je les en remercie du fond du cœur, ces messages m'avaient permis de passer des périodes de doute et de découragement ; et je leur demande aussi de me bien vouloir pardonner de ne pas avoir toujours répondu aux commentaires et aux mails qui m'étaient transmis. Je les remercie aussi pour leurs critiques, franches et directes parfois, mais le plus souvent constructives. J'ai ainsi pu prendre conscience de certaines erreurs d'appréciation, sur le plan des arguments et du contenu, mais également pour ce qui est de la forme. La communication par le moyen d'un blog demande quoiqu'il en soit un apprentissage.

Il était donc question d'un dessin de Léonard de Vinci qui, une fois anamorphosé (il faudrait donc écrire "dés-anamorphosé") paraissait montrer une silhouette du Bugarach considérée sous un angle particulier. A ce jour encore beaucoup n'envisagent pas une seconde que cela soit possible, et de ce fait il serait soit question d'un pur hasard, pour ce qui est de la ressemblance, soit ni plus ni moins d'une supercherie. Quant à ceux qui, une fois levées toutes les incertitudes techniques en ce qui concerne l'authentification de l'œuvre, acceptent d'envisager au moins la possibilité d'un voyage "oublié" de Léonard de Vinci dans les Corbières, la question qui s'impose alors est de chercher à comprendre, forcément et là est tout autant la difficulté que la fascination qu'une telle question est à même de susciter, la finalité d'un tel déplacement.

C'est justement pour tenter d'apporter des réponses à cette question que j'ai fait le choix de suspendre une année entière l'écriture de ce blog. Et je ne le regrette pas. Le résultat de ma recherche est désormais sans ambiguïté. Je peux donc l'écrire maintenant :

Oui. Léonard de Vinci était venu un jour au devant du Pic de Bugarach.

Mais il y était aussi monté, afin de se rendre en un point précis de la montagne. Il en avait laissé un témoignage direct. C'est ce que j'ai pu comprendre, "là-haut", grâce à ce que montre un rocher quelque part sur la crête. Un rocher aussi devant lequel, un siècle et demi après Léonard, était passé Nicolas Poussin. Celui-ci en avait laissé une preuve également dans l'un de ses tableaux, au 17ème siècle. Alors de ce rocher j'en ai ramené une photo. Je la produirai bien sûr dès que cela sera possible. L'écrire ici, de cette façon, sans encore fournir d'éléments formels, semblera à beaucoup ridicule. Et à ce stade je peux parfaitement le comprendre. Si je le fais d'ores et déjà cependant c'est uniquement pour, d'une certaine manière, prendre date.

Ce que j'ai pu comprendre durant cette année de recherche me permet d'écrire également - là aussi j'en apporterai les éléments -  que Dante Alighieri avait écrit sa Divine Comédie directement en rapport avec le Bugarach, celui-ci étant en réalité la "porte d'entrée" du voyage dont parle le poème. Là encore beaucoup vont certainement sourire, dans le meilleur des cas. Et pour le moment c'est d'ailleurs bien ainsi.

Alors pourquoi... Pourquoi Léonard de Vinci avait-il fait ce voyage improbable à des centaines de kilomètres de l'axe officiel de ses déplacements, au cours de sa carrière de génie ?

La réponse est simple. Il suffit de lire - pour commencer car les éléments d'appréciation sur le plan historique sont bien plus nombreux et précis qu'on pourrait à priori le penser -  ce qu'a écrit José Luis Espejo il n'y a pas si longtemps dans ses deux ouvrages : Los anos perdidos et El viaje segreto. Je ne partage pas l'intégralité des vues de cet auteur catalan ; cependant on gagnera à prendre connaissance de cette thèse pertinente, pour gagner du temps en quelque sorte, quand l'hypothèse d'un voyage de Léonard dans le piémont pyrénéen sera, bientôt, devenu un fait acquis.

Tout porte à penser effectivement que Léonard de Vinci était le descendant d'une famille de cathares roussillonnais ayant fui l'Inquisition environ deux siècles avant la Renaissance pour rejoindre le nord de l'Italie.

Et s'établissant donc en Toscane. Ce sont les Vinci dans ce cas, qui auront donné son nom au village toscan de Vinci, et non le contraire. Car l'origine de cette famille était de Vinciano, sur les rives de la Thêt. Aujourd'hui Vinça. Allez-y pour voir. Montez en direction du Canigou en passant devant le Prieuré de Serrabone (la "Bonne Colline" disait l'abbé Boudet de Rennes-les-Bains, dans sa Vraie langue celtique). Et en chemin levez les yeux en direction nord-nord-ouest, pour scruter l'horizon. Vous y verrez une montagne bleue au lointain dépasser d'entre toutes, forcément. Le plus haut sommet des Corbières. A cet instant tâchez d'avoir sur vous une reproduction de la Madone Litta, que Léonard avait peinte en 1482, au moment de son arrivée à Milan, soit très jeune encore. Et regardez alors par une des fenêtres, dans ce tableau. Vous en confluerez raisonnablement que ça ne prouve rien. Forcément. Mais il vous restera alors à mettre cela en rapport avec le fait qu'Henri Boudet, dans son livre, avait positionné deux images l'une derrière l'autre, alors qu'il n'y était pas obligé, puis de raisonner en contemplant à nouveau la Madone Litta. Enfin il faudra bien observer la carte de l'abbé pour convenir qu'effectivement il avait mis Léonard de Vinci au cœur de son secret, exactement comme l'abbé Saunière le fera à Rennes-le-Château, dans son église, puis Jules Verne dans l'un de ses romans, qui n'est pas Clovis Dardentor.

Alors voilà, il faudra dire désormais Léonard le cathare. Et envisager cette fois sérieusement qu'il était revenu sur les lieux, vérifier une légende perdue transportée en Italie dans la mémoire des fugitifs. Mais ça ne sera pas suffisant pour comprendre. Il faudra aller plus loin encore, et pour commencer, dans son croquis, tenter de déchiffrer l'inscription positionnée juste au dessus d'un "artefact". Une fois cela fait, l'étape suivante sera de mettre en relation vos observations dans la Madone Litta, puis dans les images "consécutives" du livre de l'abbé Boudet, avec l'apparition céleste, au sommet d'une montagne, de "celui" qui avait reçu l'héritage "alchimique" (et oui !) des cathares, avant de le transmettre à Dante. Héritage que Vincent-de-Paul recevra à son tour bien plus tard, revenant aussi sur "les lieux du crime" pour témoigner à son tour, discrètement (par nécessité) et faisant le bien sur son chemin, du fait que le Bugarach, de fait, était bien une "porte". Une porte métaphorique bien sûr, et non pas une fantasmagorique porte "spatiotemporelle", mais pour autant une porte de l'aventure humaine toute entière, celle qui sépare l'enfance de la maturité, et dont la Renaissance avait tenté de "dérouiller" la serrure restée trop longtemps grippée. Mais ça n'avait pas marché, alors Léonard pour ne pas que le message soit perdu, et ne pas perdre la mémoire d'un itinéraire, après son voyage "oublié" s'était mis en devoir de peindre sans répit. Avec des paysages un peu enfumés au fond de ses tableaux.

Cette porte est celle en réalité que Poussin avait peinte aussi au fond de son autoportrait, et qui n'était pas une porte en fait, mais un panneau de bois, comme ceux sur lesquels on peignait encore à la Renaissance. Dans ce cas du bois de peuplier. Pour accéder à la "porte" de cet autoportrait, le "triste" puisqu'il y en avait aussi un "souriant", il fallait cependant déplacer auparavant trois autres tableaux. Mais encore fallait-il les identifier, ces trois tableaux. Pour le premier de ces tableaux, celui où apparaît une femme au visage de lune, c'est assez facile, mais pour autant restait comprendre l'allusion. Pour le second, en premier plan en fait, c'est un peu plus difficile, car on ne voit que le dos de l'œuvre, mais une fois ce second tableau identifié l'enseignement qu'on en retire est proprement à couper le souffle - et l'abbé Boudet savait cela bien sûr - car c'est ni plus son propre chemin vers le Bugarach que Poussin avait signifié là "en toutes lettres". Enfin le dernier tableau, dont on ne voit pas même un détail, juste un segment d'encadrement, mi ombre mi lumière. Pourtant c'est suffisant, et ce troisième tableau a été retrouvé il y a à peine quelques années, et conservé en France au prix de quelques millions d'euros pour ne pas le voir émigrer aux Etats-Unis. Une œuvre cette fois qui explique tout, pour peu qu'on se penche sur ses curieux détails chemin faisant - sans trébucher sur les pierres affleurant sur le sable - en direction d'une Arcadie lointaine mais réelle.

C'est bien du plus grand secret d'une civilisation qu'il est question ici. Et il fallait donc un vieux croquis oublié de Léonard de Vinci pour que ce secret retrouve, bientôt, la lumière du jour. Il m'a fallu une année entière pour le comprendre. S'il fallait le dire en quelques mots je crois que je choisirais de vous inviter à lire un livre écrit il y a plus de cinq siècles et qui était dit-on le manifeste même de la Renaissance, par un ami de Léonard à l'Académie de Florence : Pic de  la Mirandole. Tout tient en une phrase. L'homme, contrairement aux anges et aux animaux n'a "aucune place où poser sa tête pour dormir". Et la nécessité alors, d'un programme de civilisation.

La "dignité" de l'aventure humaine est d'avoir à tracer son propre chemin, à égale distance des précipices de la liberté et de la nécessité, du soleil et de la lune, de la lumière et de l'ombre. Mais aussi du ciel et de la terre. L'écrire comme ça fait un peu "cucu". Pourtant ce n'est pas rien, un tel programme. Car cela ne peut se faire que par le truchement d'une "ivresse". Celle dont parle un poète justement, on pourrait presque parler d'une "potion magique". Sauf qu'il n'y a ici bien sûr aucune magie, mais un concept extrêmement pragmatique, et fondé sur l'expérience du réel. Léonard de Vinci n'aurait accepté aucun compromis avec l'expérience des faits. C'est bien ça, qu'il était allé chercher là-haut, sur la crête du Bugarach, avant de repartir comme il était venu en prenant bien soin auparavant de tirer un voile devant la silhouette de cette montagne qu'il était venu retrouver, au pays de ses ancêtres, juste pour vérifier, comme ça (parce qu'il était différent des autres), que le rêve un jour avait bien fusionné avec la réalité.

Alors De la dignité de l'homme, le livre de Pic, lisez-le attentivement, puis penchez-vous sur la Melencholia de Dürer (attention à ne pas perdre en passant, au risque de passer à côté, la faute d'orthographe que les experts, un peu psycho rigides en ce sens, ont tendance à corriger spontanément : Melencholia, en effet, et non pas Melancholia, sinon on en perd le message essentiel indiquant le rapport au manifeste de la Renaissance de Pic) en tentant de comprendre en quoi cette gravure, quintessence du drame d'une civilisation, la nôtre - drame auquel on devait forcément finir par être confronté au bout du chemin si on ne comprenait pas la faute d'orthographie du titre - conceptualise un étroit passage, difficile mais seul viable, entre les deux autoroutes de l'obscurantisme et de l'illuminisme, la religion du rêve pur, et la science matérielle sans conscience. Léonard de Vinci était venu ici, très jeune, pour mettre au point un programme de civilisation axé sur la seule chose qui, au regard de l'aventure humaine toute entière, en valait la peine : le comportement humain. Plus exactement la maîtrise d'une trajectoire, celle de toute existence humaine individuelle, préalable incontournable à toute maitrise des trajectoires civilisationnelles. Il est question ici du Bien et du Mal, forcément. Mais pas du mal que l'on croit, celui qu'on nous fait. Ce serait trop facile. Il est question bien sûr de l'autre, le mal qu'on fait. Et là, forcément, c'est plus compliqué. En gros toute cette histoire des mystères audois - et je comprends qu'on aura du mal à l'admettre tant qu'on n'entre pas maintenant dans le détail - abstraction faite de toute possibilité de trésor matériel ou spirituel (car il faudra y venir aussi) n'a pas d'autre objet en réalité (d'où l'ivresse dont il était question plus haut) que d'apprendre courageusement à maîtriser un dragon. Si un jour (c'est l'histoire de l'île déserte en plus moderne) l'humanité devait emporter une seule chose dans sa fusée en prévision d'un cataclysme, c'est forcément ça qu'elle devrait garder - la manière très pragmatique de parvenir à se coltiner le dragon intérieur, la recette en ce sens d'une ivresse lucide que précisément Léonard avait retranscrite en la peignant, littéralement, dans le paysage de la Joconde : un paysage de l'âme - et non pas une équation mathématique ou un dogme religieux. 

Cherchez dans les carnets de Léonard et vous comprendrez mieux. Tout y est. Plus exactement il est question d'avoir le courage - c'est la moindre des choses pourtant ça ne semble pas être allé de soi pour tout le monde depuis quelques millénaires - de s'occuper du mal qui est en soi avant que de chercher à extirper celui qui se trouve dans le cœur des autres.

Dans l'église Saint-Sulpice Delacroix avait mis un drôle de casque à Saint-Michel, au plafond de la Chapelle des Saints-Anges. En fait par pudeur il avait juste dissimulé ce que Raphael de son côté, dans son Saint-Michel, n'avait pas hésité à montrer, et qu'aucun expert pourtant n'a vu depuis cinq siècles. Si vous comprenez ça, et si vous vous demandez aussi accessoirement pourquoi Michel, le héros du Paris au XXème siècle de Jules Verne, est pris d'un étrange haut le cœur en traversant Paris (passant devant une statue), alors vous commencerez à avoir un début d'explication à ce curieux dessin de Léonard de Vinci qui une fois défait de son voile anamorphique ressemble à une montagne perdue au fin fond des Corbières.

Ne vous y trompez pas, c'est bien d'un secret au delà de l'imaginable qui est resté ici en l'état, intact, depuis bien plus de cinq siècles en fait, et qu'il ne reste plus maintenant qu'à faire ressurgir à la lumière du jour. Pour peu cependant que les rêveurs arrêtent de prendre les vessies de l'imaginaire pour les lanternes du savoir, mais pour peu aussi que les experts de ce savoir, aujourd'hui, se déparent un tant soit peu de leur psychorigidité scholastique pour analyser les faits, rien que les faits, mais tous les faits, avec un minimum de bon sens.

Léonard à sa manière, après avoir retrouvé le chemin perdu en avait en quelque sorte matérialisé l'itinéraire dans un plan, sous la forme d'un dessin anamorphosé, puis il nous l'avait en quelque balancé comme une bouteille à la mer par dessus le mur des siècles. Espérant qu'on finisse un jour par comprendre, et décrypter enfin sa Joconde.

Ce sera donc l'objet ici, en prenant tout le temps nécessaire puisqu'après tout ce secret aurait pu attendre des siècles encore - et qui sait risquer aussi de ne plus jamais être élucidé si le croquis avait disparu comme les quatre cinquièmes des dessins de Léonard perdus à jamais - de la reprise aujourd'hui de ce blog après une année de vacance.

24/02/2014

Un dessin du Pic de Bugarach par Léonard de Vinci

J'aimerais vous montrer ce que j'ai eu la chance de pouvoir découvrir dans un dessin de Léonard de Vinci.

Je suis un simple amateur sur ces sujets et j'ouvre aujourd'hui ce blog sur une idée en elle-même très simple.

Il s'agit de mettre en lumière le fait que Léonard de Vinci se soit un jour rendu dans les Corbières, dans le sud de la France, alors que bien entendu rien dans ses biographies n'évoque ce voyage. Chacun pourra ici se faire une idée de par lui-même en prenant en compte les éléments apportés au fur et à mesure de l'avancement du blog. Je serais très heureux que vous soyez simple amateur comme moi ou éventuellement spécialiste sur ces sujets d'avoir votre avis sur la question, soit en commentaire (en bas de cette page) soit par courriel en haut à droite de la page (me contacter).  Je vous en remercie par avance .

 

Voici le dessin en question. 

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Les experts connaissent depuis toujours ce croquis dans les carnets de l'artiste et chacun, même si ce dessin a de fait été relativement peu diffusé, pourrait le découvrir de par lui-même au hasard de la lecture d'un simple livre sur l'oeuvre dessinée de Léonard de Vinci. En ce moment même est par exemple disponible dans toute librairie une parution diffusée par un des plus grands noms de l'édition et qui comporte ce croquis présenté pleine page. Les coordonnées de cet ouvrage facile d’accès et garantissant en lui-même le fait que ce dessin provient bien d'un carnet de Léonard de Vinci seront communiquées à toute personne qui m'en ferait ici la demande par mail.

On sait que Léonard aimait s'éloigner des villes et des grandes routes pour étudier la nature à travers une observation directe de façon à pouvoir porter son propre jugement sur ce qu'il observait. Or selon les spécialistes les caractéristiques graphiques de ces montagnes qu'il avait dessinées dans ses carnets démontrent par entre autres l'absence d'idéalisation qu'il s'agissait de lieux réels. Ce dessin-ci entre dans ce cas de figure.

Par ailleurs apparaissent dans le dessin plusieurs mentions manuscrites, dont une en particulier plus significative que les autres au dessus d'un curieux piton qui sur la gauche de la silhouette semble avoir fait l'objet d'une reprise de la part de l'artiste. Aucune traduction n'étant disponible je me suis lancé, comme chacun peut s'y employer, dans une tentative de déchiffrement nécessitant bien entendu l'emploi d'un miroir du fait de l'écriture spéculaire de Léonard. Cependant une fois levées, ce qui en fait n'est pas si simple, les difficultés tenant aux caractères difficilement compréhensibles de sa calligraphie le résultat obtenu a de quoi laisser perplexe. Je reviendrai donc sur ce point surprenant quand nous en viendrons aux motivations de ce voyage "oublié" de Léonard de Vinci après avoir noté la ressemblance entre le dessin et une réalité. 

A noter... (survoler avec la souris).  Pour les paysages (survoler). En ce sens... (survoler).

Ainsi les experts envisageaient depuis toujours qu'on puisse finir dans le cas de ce dessin, comme il en est pour d'autres sites, par retrouver quelque part nécessairement en Italie, dans ce cas dans les Apennins ou éventuellement jusque dans les Alpes, la montagne qui dans le monde réel avait un jour servi de modèle. 

Le fait est cependant que jusqu'ici personne n'a pourtant jamais pu trouver cette montagne.

Si on y pense bien ce fait serait en lui-même assez surprenant. Comment se pourrait-il qu'en cinq siècles personne n'ait pu identifier le modèle de ce dessin alors que les sites montagneux d'envergure (de toute évidence celui-ci en est un), sur les chemins connus de Léonard qui loin des villes n'ont pas changé depuis cinq siècles, ne sont pas si innombrables.

Alors en définitive ne pourrait-on pas se demander si une raison, qui resterait à définir, n'aurait éventuellement fait en sorte que nos yeux jusqu'ici aient été dans l'impossibilité matérielle de pouvoir mettre en relation directe le dessin et son modèle ?

Mais encore bien entendu faudrait-il mettre un nom sur ce fait. 

Alors pour ce qui est donc de ce dessin montré plus haut tel qu'il apparaît depuis cinq siècles dans les carnets de Léonard de Vinci, et que voici à nouveau...

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... regardez ce qui se passe maintenant si on considère cette vue dessin d'un simple regard... de travers. 

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C'est forcément alors, sur un plan visuel, d'une certaine manière une "autre montagne" qui apparaît. Or c'est bien ainsi que le dessin s'était présenté à mon regard la première fois que je le découvrais. Je faisais alors défiler les pages d'un livre non pas en tenant celui-ci bien à plat et la page grande ouverte, mais à bout de bras et en faisant défiler rapidement les pages sous mes yeux. A cet instant cette vue m'est apparue de ce fait en biais avec par conséquent, en terme de perspective, la déformation nécessairement consécutive à cet angle visuel. 

Je me souviens avoir alors pensé tout simplement : "Tiens... je connais cette montagne" sans réaliser à cette seconde encore que je venais de poser les yeux sur une preuve qu'avant d'avoir fini par renoncer j'avais longtemps cherchée à la suite d'une recherche partie d'un détail dans le paysage de la Joconde. A défaut encore d'avoir exposé ici les éléments de cette recherche je mesure combien cela pourra sembler difficile à prendre en compte mais j'en étais venu en suivant des éléments convergents à devoir envisager le fait que Léonard de Vinci ne pouvait nécessairement qu'être venu dans l'Aude. Ce qui en soit encore une fois, je me mets à la place de celui ou celle qui découvre ce fait, parait improbable.

Alors voilà maintenant sur cette photo prise récemment, ce que voient tous les matins en ouvrant leurs volets les habitants du petit village de Bugarach, dans le département justement de l'Aude .

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Ceux qui ne connaissent pas cette montagne ne comprendront toujours pas mais les habitants de ce village savent qu'une simple ballade matinale - sur un petit sentier qui en direction du sud contourne la montagne par la droite - permettra de se mettre en condition cette fois, en levant simplement les yeux, de voir le Pic sous un tout autre aspect.

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En effet la silhouette apparente de ce massif imposant varie très rapidement du fait de sa topographie complexe. Lmoindre déplacement de l'observateur fait que le profil s'en trouve immédiatement transformé. L'effet de contre-plongée sous la grande falaise tout à droite du profil, d'un simple point de vue relatif paraîtra alors sans cesse plus surplombant, tandis que dans le même temps la pente apparente de la longue ligne de crête accidentée qui descend vers la gauche, se mettra à "pencher" toujours davantage. 

A un moment, parvenant en un point donné de ce sentier nommé "chemin cathare" dans les guides, il suffira alors de comparer simplement le paysage avec un dessin : le croquis - une fois bien sûr "défait de son voile" - d'une montagne anonyme que Léonard de Vinci avait un jour couchée dans un carnet, il y a cinq siècles, en s'égarant en un lieu qui à ce jour était resté inconnu... et qui, quelque part en pleine nature, aurait dû à priori se trouver en Italie.

Où les experts la cherchent toujours.

Voici les vues comparées que je présentais à l'origine de ce blog.

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Et voici une nouvelle vue prise depuis un emplacement plus approprié. On notera qu'en s'approchant encore tout en s'orientant vers la droite, pour cela il est donc nécessaire de s'écarter du chemin, les détails sur la crête se montreront encore plus superposables. Je me rendrai bientôt sur place pour pouvoir vous proposer une nouvelle vue en ce sens.

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Et certainement aurait-on pu chercher longtemps en Italie puisque cette vue photographique est donc prise dans le sud de la France, et qu'il s'agit du plus haut sommet des Corbières.

Le Pic de Bugarach.

Où Léonard de Vinci (à lire ses biographes, lesquels écrivent aussi qu'il restait bien un "blanc" ou deux dans l'agenda de sa vie) ne s'est jamais rendu.

A ce stade il suffirait de regarder, et comparer, pour en venir bien sûr dans un deuxième temps à se poser les questions qui s'imposent à l'esprit. Certes une simple ressemblance aura toujours un caractère relatif et il faudra beaucoup plus pour obliger les experts à réécrire quelques pages dans leurs biographies de l'artiste, cependant je pense pour ma part que cette comparaison apporte les éléments suffisants en eux-mêmes pour décider du fait que le hasard ne peut expliquer une telle ressemblance. Ce sont cependant les éléments convergents du dossier qui suivront dans ce blog qui finiront d'étayer cette position. En particulier quand il sera question de ce qui se trouve en un point précis du site, plus exactement en un point situé au sommet de la montagne.

Quoiqu'il en soit on l'aura compris considérer le croquis de Léonard de Vinci non pas d'une vision naturelle, c'est-à-dire de face, mais avec un certain "angle d'attaque", revenait simplement à en déformer la représentation en lui faisant subir un traitement graphique parfaitement connu sous le nom... d'anamorphose. En l’occurrence ici une anamorphose linéaire, la plus simple qui soit.

On peut bien entendu se demander s'il est raisonnable sinon rationnel d'envisager que ce dessin connu de Léonard de Vinci dans ses carnets puisse montrer non pas une vue directe d'une réalité mais la déformation, d'une réalité. Pour cela il faudrait être certain que Léonard de Vinci connaissait le procédé graphique de l'anamorphose. Or c'est bien le cas puisque les experts ont identifiés deux exemples précis dans ses carnets. Mais le fait est par ailleurs qu'il savait non seulement mettre en oeuvre ce procédé, mais il en était ni plus ni moins l'inventeur dans l'art occidental. 

En ce sens cette question, sur le plan pour commencer du principe, n'a-t-elle pas trouvé sa réponse ? Ainsi le fait que le site ayant servi de modèle au dessin n'ait jamais pu être identifié en cinq siècles s'expliquerait du simple fait que où que ce soit - en Italie ou ailleurs - l'image proposée dans les carnets forcément ne pouvait s'apparenter à aucune réalité visible. Et il y avait bien par conséquent une "raison" : l'anamorphosequi avait fait en sorte que nos yeux aient été dans l'impossibilité matérielle d'identifier le modèle. D'une certaine manière un voile graphique tiré depuis cinq siècles devant le dessin.

Sur un plan donc graphique, maintenant, et en mode moins artisanal qu'une vision en biais, il suffira pour oser affronter bien "en face" cette fois le "problème", de faire sur un plan subir à l'image une déformation anamorphique en ne faisant varier qu'un seul paramètre à la fois. 

Soit en déformant  le profil du croquis dans le sens de la hauteur. 

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Soit en "pinçant" la longueur horizontale sans cette fois modifier la hauteur.

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Le résultat sera le même dans la mesure où, dans un sens comme dans l'autre, en valeur absolue le coefficient d'anamorphose demeure identique. Avec à noter ici le fait que dans ce cas ce coefficient multiplicateur (ou démultiplicateur) prend une valeur simple, et précise :

                                                 2

Ce qui en soit est remarquable. Un nombre en définitive si peu aléatoire.

Si le fait de pouvoir superposer un dessin anamorphosé de Léonard de Vinci avec une montagne réelle ne devait résulter que d'une simple coïncidence, alors ce coefficient n'aurait-il pas eu une chance infinie de prendre une valeur totalement aléatoire ? En d'autres termes ne fallait-il pas s'attendre à ce que cette valeur s'exprime pour le moins par un nombre à virgule ?  Or ici on a donc le plus simple et précis à la fois des nombre entiers que l'on puisse mettre en oeuvre pour une anamorphose. De quoi commencer peut-être à suspecter au moins le fait d'un choix. Et donc d'une intention.

Rien pour autant ne permet, dans l'absolu, d'affirmer qu'il ne s'agisse pas simplement d'un hasard. Mais rien non plus n'interdit plus maintenant de se risquer à envisager le fait qu'une motivation sous-jacente ait pu guider cette anamorphose.

 

Résumons.

Nous avions donc déjà une ressemblance entre un dessin et une vraie montagne qui parce la réalisation d'un portrait nécessite forcément la rencontre entre l'artiste et son modèle, et puisque les montagnes ne se déplacent pas, obligerait à commencer au moins à envisager l'idée que cette ressemblance puisse ne pas être le fait d'une coïncidence ; autrement dit le fait que Léonard de Vinci ait pu un jour venir dans les Corbières.

Mais voilà donc un second élément qui se rajoute à ce dossier : la valeur trop simple et précise d'un coefficient d'anamorphose, induisant de ce fait la possibilité d'une intention dans le fait de l'emploi de cette technique graphique, l'anamorphose, qui, en définitive, repose tout entière sur l'idée même de dissimuler une image derrière une apparence.

 

Alors maintenant comment ne pas en venir à se demander si Léonard de Vinci, en effaçant lui-même des mémoires - par l’anamorphose - la trace rémanente dans ses carnets d'une rencontre possible avec le modèle d'un dessin, n'aurait pas intentionnellement fait le nécessaire pour qu'on ne sache jamais qu'il soit un jour venu dans les Corbières ? Ou du moins retardant ainsi la prise de conscience de l’événement ?

Ce que l'on pourrait dire à partir de ce point est qu'au regard de l'enjeu les perspectives qui s'ouvriraient quand on en viendrait à chercher à comprendre les motivations d'un tel voyage, ceci au delà même, ce qui ne serait déjà pas rien, de devoir réécrire un sous-chapitre de la biographie officielle d'un génie "égaré", seraient considérables. La prudence suggérerait donc encore de ne pas se prononcer définitivement. Il faudrait nécessairement aller plus loin dans l'analyse. Autrement dit "descendre" maintenant le niveau d'observation au niveau des détails pour pouvoir trancher entre hasard et intention, et espérer finir par conclure pour ce qui est de l'hypothèse d'un voyage oublié de Léonard de Vinci dans les Corbières.

pic de bugarach,bugarach,léonard de vinciCe qui est certain c'est qu'aucun expert à cette heure n'accepterait sans une preuve absolue d'envisager même l'idée que l'artiste ait pu se déporter à plus d'un demi-millier de kilomètres de l'axe de ses déplacements connus tout au long de son existence entre le centre nord de l'Italie et le Val de Loire.

 

Mais peut-être les spécialistes de l'oeuvre de Léonard de Vinci pourraient commencer ici à trouver matière au moins à exercer une analyse approfondie des éléments en présence. En tout cas ce blog je l'espère, permettrait peut-être d'ouvrir une réflexion.

J'ai cherché de mon côté à tenter de vérifier dans les livres traitant de l'oeuvre de Léonard de Vinci comme de l'histoire de cette région s'il était possible de trouver quelque chose, ne serait-ce qu'un lointain écho perdu avec l'idée d'un voyage dans les Corbières. Et de fait, j'y reviendrai ultérieurement en entrant dans des détails accessibles à tout un chacun dans les livres d'histoire, les indices contre toute attente ne manquent pas.

Mais avant d'élargir le champ de l'enquête c'est le dessin lui-même, à travers une étude très fine de ses détails et de ses inscriptions, qui pour commencer va nous permettre de soulever la question de leur interprétation en établissant des liens directs entre ces détails et leur correspondance dans la réalité du Bugarach.

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Jean-Pierre PERINI

3 Février 2013