10/08/2013

L'ABBE SAUNIERE ET LE SAC PERCE.

Nous sommes donc dans l'église de Rennes-le-Château, le spectaculaire sanctuaire en couleur et en relief des mystères de l'Aude dédié aux yeux et au sens de la vue comme celui de l'abbé Boudet à Rennes-les-Bains, plus modeste et discret, un simple livre, l'était aux oreilles et au sens de l'ouïe.

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Après la découverte de la "CARTE AU TRÉSOR" sur le grand bas-relief de la Montagne des Béatitudes, tout au fond de l'église, où peut-être faudrait-il cependant ne pas laisser la puissance des impressions visuelles anesthésier d'une certaine manière la perception d'indices aussi discrets peut-être, qu'essentiels, il ne resterait donc plus maintenant qu'à lire cette carte pour pointer les signes de piste ouvrant les chemins réels du grand secret.

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On pense bien sûr aux mystérieuses déambulations de l'abbé restées dans les mémoires, quand celui-ci passait ses journées à arpenter le pays en solitaire.

Et en premier lieu le regard ne peut donc qu'être aimanté par la présence d'un mystérieux SAC PERCE, ostensiblement placé en bas de la fresque. Soit complètement au sud de la "carte Saunière".

Saunière,Rennes-le-Château,Bugarach

Depuis un siècle, avec un solide cordon suggérant un secret bien gardé et une déchirure pour l'idée d'une "fuite" en quelque sorte possible, ce sac percé a de fait participé à induire dans l'inconscient collectif la légende toujours à démontrer d'un trésor à Rennes-le-Château.

saunière,rennes-le-château,bugarach,pic de bugarach,léonard de vinci,leonardo da vinci,corbières,aude,anamorphoseEn fait c'est en référence à La vraie langue celtique et le cromleck de Rennes-les-Bains, le livre donc de l'abbé Boudet avec son code de déchiffrement basé sur la phonétique - où après décryptage pour ne pas dire décorticage du SON, l'épi de blé était associé à l'idée d'un or métaphorique stocké au cœur de dolmens enterrés, ou encore dans des silos en forme de rochers qu'on imagine creux - que la piste d'un blé trésoraire s'est souvent imposée.

"Blé" prenant en effet en argot le sens d'argent "liquide" (puisque curieusement on a voulu voir du blé s'échapper de ce sac) le SAC DE BLÉ PERCE donc ne pouvait que représenter un magot dissimulé quelque part dans la lande de Rennes-le-Château ou au plus profond des forêts de Rennes-les-Bains.

Bien entendu maintenant que la "carte au trésor" restée depuis "invisible" a donc fini par réapparaître l'idée en toute simplicité serait d'aller se balader, l'air de rien, du côté de l'emplacement proposé par ce sac. Et ainsi pouvoir observer "de visu" ce qu'il en serait cette fois dans le monde réel.

Cependant sur le terrain l'espace géographique occupé par ce sac est si vaste que s'impose rapidement l'idée que les choses ne peuvent pas être aussi simples. Et puis en définitive l'abbé Saunière, même si la carte était difficilement détectable, aurait-il risqué de lâcher aussi facilement la solution ? 

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Très au sud de St Ferriol et Granès (le grain ?) l'emplacement proposé pour le sac troué se situe au sud-est de Quillan, approximativement sous St Julia-de-Bec et pour tout dire pas très loin des "Murailles du diable" percées du fameux "trou du curé" ; lieu ainsi nommé près de St Martin-Lys en raison du percement d'un rocher, sous l'impulsion d'un ecclésiastique à la fin du 18ème siècle, dans le but d'ouvrir pour les convois et les véhicules une nouvelle route nord-sud passant par les gorges étroites de l'Aude. Jusqu'à cet événement la voie principale pour relier le Razès au Capcir puis l'Espagne passait plus à l'est au niveau du col de Saint-Louis (peu avant de parvenir devant le Pic de Bugarach)

Alors une fois, sur le terrain, la première déception passée probablement faut-il humblement revenir à l'église de Rennes-le-Château. Et, calmement, prendre le temps de l'observation puis de la réflexion.


Pour commencer une question élémentaire. Un simple sac n'aurait-il pas suffi à mettre en branle la machine à rêver en suggérant l'idée d
'un trésor ?

Pourquoi alors... un sac PERCE ?

Si le sac, suffisant en lui-même pour inviter à une course au trésor perdu, est bien sûr le point de départ de l'enquête, le percement du sac cette fois est de fait ici le premier indice de cette enquête

Alors ce fait d'un percement qu'on imagine accidentel n'induit-il pas de façon subliminale l'idée d'un contenu qui se perdrait en chemin ? Imaginons que la toile d'un sac de céréales ait été rongée par une souris, qu'aurions-nous alors vu sur le sol, sinon une trace du contenu répandu. Dans ce cas en suivant cette trace n'aurait-il pas été permis de retracer le chemin, du sac ? Un peu comme l'histoire du Petit Poucet avec ses cailloux blancs dans la forêt du conte de Perrault. Or à quoi servait le stratagème de la fable, sinon à retrouver dans la brume et la nuit de la forêt la mémoire d'un chemin perdu.

saunière,rennes-le-château,bugarach,pic de bugarach,léonard de vinci,leonardo da vinci,corbières,aude,anamorphoseIl y aurait donc déjà ici comme au moins l'idée d'un CHEMIN, mais dont le parcours serait pour commencer à retrouver d'abord dans la brume d'un passé lointain avant de l'être directement dans une géographie réelle... Car aux abords immédiats en effet du sac, sur la carted'un point de vue simplement visuel aucun chemin n'apparaît signalé d'une façon claire. Comme s'il nous appartenait à nous de le rendre visible ou de le matérialiser, en déchiffrant les indices que l'abbé Saunière nous aurait intentionnellement laissés.

saunière,rennes-le-château,bugarach,pic de bugarach,léonard de vinci,leonardo da vinci,corbières,aude,anamorphoseD'autre part pourquoi du blé ?... nous ne sommes pas à priori sur le territoire de l'abbé Boudet de Rennes-les-Bains, lequel s'intègre effectivement tout entier dans l'espace de cette carte de Saunière mais tout en haut et à droite (à la jonction des vallées de la Sals et de la Blanque soit aux genoux d'une "pleureuse de larmes salées") et donc pas ici en bas à gauche de cet espace. Et de fait le "blé celtique" de l'abbé Boudet ne serait pas ici en cause avec ce sac puisqu'un grossissement permet, comme beaucoup l'ont fait, de constater qu'il s'agissait en fait d'un sac contenant... des morceaux de PAIN.

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Du pain ? Justement au dessus et à gauche du sac, un peu dans l'attitude que l'on imagine dans un confessionnal une jeune femme en prière dissimule du pain dans son tablier replié.

Après le sac voilà donc déjà un second écho en rapport avec le PAIN : un TABLIER, notre indice numéro 2. Si "trésor" il y a, alors quelle que soit sa nature, matérielle ou spirituelle, de toute évidence Bérenger Saunière - semblait avoir choisi le symbole du PAIN, pour guider nos pas.

Même inconsciemment cette allusion répétée, dans une église, ne peut que faire écho avec le pain de la première des prières chrétiennes, le Notre Père : Donne-nous aujourd'hui notre pain quotidien... Et si pour les cathares ce pain est supersubstantiel autrement dit strictement spirituel - la "parole du Christ", et en aucun cas son "corps" - pour les catholiques le pain du "mystère" eucharistique est transubstantiel (du vrai pain et tout à la fois le corps du Christ) et par conséquent simultanément spirituel et physique.

On pourrait entrevoir ici comme un parallélisme entre cette dualité métaphysique : pain spirituel et pain physique (voire même une dualité spirituel/profane) et le double visage potentiel de ce que chacun pourrait attendre d'une quête de mystère dans l'énigme de Rennes-le-Château : trésor spirituel ou trésor matériel. Qui sait si l'abbé, à travers le symbolisme duel d'un sac de pain "bis", n'aurait pas subtilement joué de ces ambiguïtés. 

saunière,rennes-le-château,bugarach,pic de bugarach,léonard de vinci,leonardo da vinci,corbières,aude,anamorphoseEt Bérenger Saunière nous propose donc de résoudre l'énigme des deux pains (SAC et TABLIER) à travers une histoire bien connue puisque cette jeune femme au tablier - à ce détail près que dans son histoire il n'y aurait pas à priori de fait spécifique concernant un sac, percé ou non - ne peut forcément être que Sainte Germaine, patronne des faibles, des malades et des déshérités, elle même atteinte d'infirmités au bras et au cou, et qui avait détourné du PAIN pour le donner aux pauvres. 

A ce stade on peut aussi faire une observation. Ce "percement" du sac, si nous avons déjà vu qu'il peut en lui-même évoquer l'idée d'un chemin (la trace d'un itinéraire), en première intention il semble cependant là pour rendre le pain "visible" et donc nous inviter à rattacher le sac de PAIN à l'histoire du PAIN de Sainte Germaine (le tablier). Une mise en relation qui semblerait aller de soit et venir spontanément à l'esprit, pourtant si sur le bas-relief on considère l'éloignement significatif entre la silhouette de Germaine et le sac, aurions-nous forcément mis en relation celui-ci avec Germaine s'il n'y avait eu le déchirement laissant voir du pain ? N'aurions-nous pas à cause du sac fermé envisagé certes la "possibilité" d'un trésor à chercher, mais sans penser une seule seconde à du pain et donc sans l'associer à l'histoire de Ste Germaine ? N'oublions pas qu'il n'y a à priori aucun sac dans l'histoire officielle de Germaine. Juste un tablier. Le percement a donc, du fait de l'éloignement toute son utilité, mais du coup cet éloignement ne paraît-il pas quelque peu inexplicable ? N'aurait-il pas été plus simple et logique de positionner le sac au plus près de Germaine ? Et dans ce cas, puisqu'il est difficile de voir ici un simple hasard mais le résultat d'une intention, ne serait-il pas opportun de chercher une explication logique à cet éloignement ? 

Voyons. Puisque nous sommes dans l'espace suggéré d'une carte en deux dimensions. Puisque Germaine et le sac occupent par conséquent deux points différents et éloignés sur cette carte. Et puisque la seule chose que l'on puisse dire de simple à priori concernant deux points est qu'entre ces deux points on peut faire passer une ligne (or ce qu'une ligne joignant deux points est à un plan géométrique, un chemin joignant deux emplacements ne l'est-il pas à une carte géographique ?) alors l'utilité de  cet "éloignement" paradoxal dont nous cherchons une justification n'était-il pas d'écarter suffisamment, et artificiellement, ces deux points, le sac et le tablier, pour qu'on en vienne à suspecter l'idée mise en relation physique et donc l'idée d'un chemin ? Pour ça bien entendu il fallait pour le moins qu'on pense à relier les deux points par "quelque chose", d'où le fait d'un point commun, le pain, avec pour nécessité alors... de déchirer un peu le sac pour qu'une petite fenêtre nous autorise à y voir ce pain. Plus haut le simple fait d'un déchirement du sac à cause de la potentialité d'une perte de contenu révélant un itinéraire au cours d'un transport (un sac sert bien sûr à stocker mais un sac en pleine nature implique nécessairement sa translation) nous avait déjà laissé envisager la possibilité d'un chemin. L'éloignement maintenant entre deux pains (le sac et le tablier) ne fait donc que renforcer cette première idée.

Le chemin ici... c'est probablement l'idée secrète qu'il fallait ni plus ni moins pour commencer mettre impérativement en lumière avant d'espérer aller utilement plus avant dans l'enquête. Probablement le raisonnement pour en arriver là paraît-il un peu "alambiqué"... peut-être pouvait-on en arriver au même point d'une façon plus intuitive... mais sans affermir autant que possible chacun des pas en direction de la solution peut-être aussi (pour peu qu'on ait compris qu'il fallait déjà sortir de l'église en trouvant une carte) qu'on aurait pu tourner en rond longtemps, quelque part dans la lande, avant de comprendre que le sac n'était rien... que seul comptait le chemin, du sac. 

Alors maintenant puisque Germaine sur la carte se trouve "du côté de Quillan", et que le sac stationne depuis un siècle quelque part à l'est, mettons au sud est de Quillan, probablement faudra-t-il à moment ou un autre vérifier si là, au sud-est à partir de Quillan se trouve éventuellement - même si à priori dans les apparences il semble qu'il n'y ait rien en ce sens sur le bas-relief autour du sac - un vrai chemin dans le monde réel. 

Mais auparavant, puisque sans percement du sac, à cause de "l'éloignement", nous n'aurions peut-être même pas mis en relation le sac avec la tablier, et donc même pas pris conscience de l'importance potentielle de Germaine dans notre course au trésor du sac, finissons déjà avec l'histoire officielle de celle-ci avant de nous mettre en quête d'une éventuelle histoire parallèle instruite par l'abbé Saunière. 

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A partir du moment où longtemps après sa mort le corps de Germaine sera un jour retrouvé "sous le dallage d'une église", au milieu du 17ème siècle, tous les "accablés" des environs commenceront à affluer spontanément initiant ainsi un pèlerinage qui aurait en réalité préfiguré celui de Lourdes. Avec pour spécificité une guérison là aussi physique "et" morale.

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Ainsi même si Germaine était du pays toulousain sa présence ici sur le bas-relief de Rennes-le-Château ne détonne en rien avec le sens du passage du Mont des Béatitudes dans les Evangiles. 

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Et par ailleurs Bérenger Saunière avait fait installer une statue la représentant juste à côté de son bas-relief cartographique.

Pourtant si l'abbé Saunière avait choisi le symbole du pain pour aiguiser notre faim de comprendre son mystère, sur cette statue en pied ce sont des ROSES... que contient le tablier de Germaine. Celles en effet que la providence divine avait substitué aux morceaux de pain pour confondre les accusateurs et témoigner de ses bonnes intentions.

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saunière,rennes-le-château,bugarach,pic de bugarach,léonard de vinci,leonardo da vinci,corbières,aude,anamorphoseOr si sur le bas relief cette fois, en bordure de la Carte murale de Saunière c'est toujours du pain, qui se trouve dans le tablier, les roses elles ne sont pas pour autant absentes puisque les voilà tout près, omniprésentes, dispersées sur la colline juste sous les yeux de la sainte. 

L'histoire miraculeuse de Germaine s'inscrit dans un ensemble plus large puisque le concept très symbolique du pain transformé en roses existait auparavant (au 13ème siècle avec Roseline aux Arcs, dans le Var) et ailleurs (sur le parcours de St Jacques de Compostelle). Et Bernadette Soubirou elle-même (la Vierge de Lourdes est représentée sur un pilier dans le jardin de Rennes-le-Château) fera sait ses dévotions à Ste Germaine bien avant le miracle de Lourdes avec aussi un épisode de ruisseau traversé.

A priori la rose (un des premiers symboles chrétiens, représentation du jardin du Paradis, une idée en accord avec cette colline fleurie du Mont des Béatitudes offerte en soulagement aux souffrants et aux accablés) aurait dû évoquer en première intention la Vierge "sans tâche", Rosa sine spina, la rose sans épine ; l'enfant Jésus étant le bourgeon de rose né "dans" ce Vase immaculé. Et en ce sens la colline entière respire bien ici le parfum des roses, des roses à priori sans épines et répandues sur ses chemins.

Pourtant nous verrons qu'il y a quelque part sur la colline - à une puis deux reprises comme pour suggérer là encore un chemin - deux rameaux sans roses curieusement. Mais si ces deux rameaux sont figurés sur la fresque n'auraient-ils pas dû comme ailleurs porter quelques roses ? Pourquoi les avoir définies ainsi ? Cette zone trop neutre où apparaissent ces rameaux uniquement feuillés ne méritait-elle pas d'être justement un peu égayée ? A moins que cette zone ne soit justement trop décentrée pour présenter un intérêt, mais alors pourquoi prendre la peine de les décorer d'un feuillage inutile et en définitive presque'inapparent ? Peut-être est-il cependant excessif de chercher à accorder du sens à un détail si dérisoire, ceci dans un bas relief si spectaculaire où il y a tant de choses à dire et à voir... que depuis un siècle en dehors de ses qualités décoratives on n'y a en définitive... rien compris. Qui sait si cette incompréhension alors ne viendrait pas de l'indifférence et de l'inattention portées aux détails. Alors que pourrait-on dire dans ce cas de tout ça, sinon que dans un contexte symbolique il s'agit de rameaux de rosiers où les ROSES manquent parce qu'il ne serait resté... que les ÉPINES.

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Un peu finalement comme les épines d'une couronne, il y a longtemps, sur un chemin justement. 

Saint-Ambroise à la charnière du 4ème et du 5ème siècle, à l'époque où une armée de wisigoths débarquait dans ce pays avec armes, familles et bagages, écrivait :"Avant que l'homme ne chute (de la colline du Paradis donc, pour tomber dans un gouffre ténébreux au risque de rester pris dans les épines d'un buisson sec) la Rose était née sans l’épine". Un monde sans tâche, un peu comme l'Arcadie des grecs quand les hommes étaient encore trop "simples" pour penser encore à Mal. Cette idée d'un monde sans le mal illustré par des roses sans épines n'est pas ici qu'une idée bucolique  c'est le fond du thème même auquel faisait référence Saunière en citant Germaine à comparution dans sa scénographie et en inondant "géographiquement", ou presque, sa colline de roses. 

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Si maintenant on confronte le bas-relief avec cette image allemande connue qui indiscutablement aurait au moins servi de base de référence pour définir les éléments de la représentation en relief réalisée par le manufacturier Giscard, à Toulouse, on voit pour commencer que la "colline" n'apparaissait pas visuellement comme une colline proprement dite ; ainsi Saunière ne l'aurait "inventée" que pour y "caser" sa carte géographique. Mais par ailleurs un personnage comparable à la Germaine de Saunière était déjà agenouillée au même emplacement relatif. Et à ses pieds... un petit sac. Cependant on peut à peine imaginer, à cause du tablier semblant contenir quelque chose, que cette jeune fille puisse être déjà une Sainte Germaine ; le buisson en effet devant elle s'il pourrait passer pour un buisson d'églantine ne montre pas de roses ; ainsi là encore l'idée de répandre des roses sur la colline serait due à la "créativité" de Saunière. Quant au petit sac ce n'est ici qu'un baluchon de pèlerin comme un second que l'on voit plus haut porté par un enfant. Autrement dit à Rennes-le-Château non seulement la Montagne des Béatitudes est "ajoutée" (même si cette image de référence contenait en soit déjà le thème) mais l'idée d'un sac, à fortiori percé est également chez Saunière une "première". Enfin le bas relief innove donc aussi pour ce qui est de la dispersion des roses au centre du bas-relief. Ces trois éléments - la présence affirmée de Germaine, les roses, et le sac percé - sont bien des éléments se distinguant par conséquent de l'image de référence, et donc forcément à supposer comme faisant partie intégrante d'un message (fût-il à la base simplement religieux avant même d'y voir encore l'idée d'un trésor caché).

A noter maintenant que dans cette image de référence le baluchon, on ne peut plus naturellement, est très proche de la jeune femme au tablier, tandis qu'à Rennes-le-Château le sac percé nous l'avons donc était significativement éloigné. Au point qu'après avoir admis, grâce à la présence du tablier rempli de pain et à la présence de roses, que Saunière dans son bas-relief avait bien mis en scène Sainte Germaine, on tarde cependant un instant (à cause de l'espacement) à prendre conscience du fait que le sac puisse se rapporter à l'histoire de Germaine ; ceci bien sûr jusqu'à ce qu'on finisse par noter la présence du pain grâce au percement du sac. Nous en revenons donc à la question soulevée plus haut (mais avec ici par conséquent une comparaison possible avec un modèle préalable) : pourquoi alors Saunière (car ici tout repose sur le postulat assumé que c'était bien celui-ci qui avait instruit dans le détail l'iconographie du bas-relief, et non le manufacturier Giscard qui aurait en quelque sorte eu carte blanche) aurait-il introduit volontairement cette particularité d'un écart aussi notable à partir de la référence dont il disposait ; le sac de pain - sauf à y voir une négligence pourtant difficilement envisageable dans le positionnement - ne devait-il pas être aussi proche de Germaine que ne l'était le baluchon de sa propriétaire ? Autrement dit on serait ici en droit de penser que l'accroissement d'écart entre le modèle et la copie est bien trop significatif, du genou de Germaine au sac, pour ne pas qu'une intention précise en soit à l'origine. Et encore une fois la seule explication qui viendrait à l'esprit serait donc que cette distance ait été instaurée volontairement pour suggérer l'idée d'un chemin. 

Alors si toutes ces roses sur la colline pourraient certainement ouvrir sur un vaste champ de possibilités symboliques - rappelons-nous encore la présence "subliminale mais on ne peut plus omniprésente" d'une immense ROSE DES VENTS structure l'espace entier de la Carte Saunière en étant centrée sur la CROIX d'un crucifix...

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... ici bien sûr la présence de Germaine nous oblige à axer le thème - de la ROSE - dans le sens de son histoire toute spécifique.

saunière,rennes-le-château,bugarach,pic de bugarach,léonard de vinci,leonardo da vinci,corbières,aude,anamorphoseAutrement dit sous ses yeux la dispersion des roses sur toute la surface du territoire "cartographique" situé au sud de Rennes-le-Château suggérerait, sur un plan métaphorique, le fait que le pain serait donc à chercher là, quelque part "en pleine nature", dans l'espace géographique de la Carte Saunière. 

saunière,rennes-le-château,bugarach,pic de bugarach,léonard de vinci,leonardo da vinci,corbières,aude,anamorphoseEt justement, il y a donc déjà sur la carte ce pain : celui de notre sac percé. Un sac par ailleurs "ponctué" d'une rose comme pour "mettre le point sur le i" en établissant un écho discret entre pain physique et rose spirituelle, et ainsi confirmer que pour ce qui est de la double présence du pain, du SAC au TABLIER (où le pain matériel avait été transubstentialisé en roses spirituelles ) il ne s'agit bien que d'une seule et même histoire

Alors au début encore d'une enquête à la poursuite du secret perdu de l'abbé Saunière, pour nous en tenir à "ce qui se voit concrètement" sur le bas-relief, la seule question en définitive qui à ce stade nous permettrait de trouver un début de piste à suivre ne serait-elle pas celle-ci :

Quel est le sens, concrètement, d'un écho ici entre le pain du TABLIER, et le pain d'un SAC PERCE ?

Il ne semble pourtant pas qu'il y ait eu un sac, à fortiori percé, dans le légendaire de Sainte Germaine. Bérenger Saunière aurait-il discrètement détourné, instrumentalisé cette référence pour y glisser des éléments en vue d'un message ? Un mise en scène ainsi "revisitée" suivant une version toute personnelle, et dont il ne nous resterait plus qu'à déceler les écarts, par rapport à l'hagiographie officielle, pour pouvoir faire apparaître les intentions cachées du metteur en scène ?

Et en ce sens, "l'invention scénographique" du maître des lieux serait alors toute dans ce sac de pain percé. Et c'est donc bien sur celui-ci qu'il nous faut diriger le projecteur de notre enquête. Avec pour toile de fond le fait d'une MISSION, celle que Germaine s'était donnée : distribuer ce pain à ceux qui en auraient eu besoin.

Le SAC était le point de départ, sans lui nous ne saurions même pas que nous cherchons quelque chose. Puis il y a eu le premier indice : le PERCEMENT du sac, avec l'idée induite par conséquent d'un CHEMIN. Ensuite il y a eu le second indice : TABLIER avec cette fois l'idée induite d'une MISSION. Le tout sous le signe du PAIN. Alors il ne nous reste plus qu'à enchaîner les deux indices, le percement du sac et le tablier, autrement dit fusionner l'idée d'un chemin et l'idée d'une mission, pour comprendre peut-être il faudra où nous diriger.

Mais dans ce cas comment cerner l'intention de Saunière. Sinon en cherchant maintenant "comment" le concept du chemin d'un sac percé interagit avec la métaphore du tablier de la mission de Germaine. Une métaphore tout ce qu'il y a de plus orthodoxe et conventionnel sur le plan religieux, nous sommes dans une église, mais bien entendu subliminalement "détournée" en vue de révéler un chemin trésoraire, spirituel ou matériel. 


L'ABBE SAUNIERE ET LA METAPHORE "SPIRITUELLE" DU SAC DE PAIN.


Alors dans le droit fil de l'histoire pour commencer ne faudrait-il pas comprendre tout simplement que dans ce sac (avec une lanière en boucle qui en fait un sac portatif) la jeune femme aurait amassé le plus de pain possible avant de le porter aux affamés sur un chemin ? Un sac qui dans sa précipitation alors, peut-être au moment où le "larcin" avait été déjoué, aurait en définitive été perdu, puis oublié...

... quelque part sur un chemin ?...

On notera que si la sainte n'était pas à proprement parler du pays puisqu'elle était native de Pibrac, à 130 kilomètres de là près de Toulouse, à la fin du XVIème siècle, l'abbé Saunière sur sa carte murale l'avait donc pour sa cause agenouillée "du côté de Quillan".

Alors puisque la "carte Saunière" dans les parages du sac semble visuellement éluder cette possibilité voyons voir, SUR UNE VRAIE CARTE, si d'aventure un chemin, ou une route, relie Quillan à l'emplacement du sac.

De fait, il y a bien une route de Quillan au sac.

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Sur la carte, le sac se trouve "en travers" d'une vallée, celle du Saint Bertrand, au fond de laquelle se dessine la route - aujourd'hui la D 109 mais bien sûr cet axe existait il y a un siècle et depuis toujours puisqu'il s'agit d'un fond de vallée parsemé de hameaux et villages, comme Laval par exemple (le lacet serrant le col du sac juste sous St Julia-de-Bec) - qui partant d'un peu au nord de Quillan se dirige droit vers sud-est. 

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D'ailleurs au delà du sac, à partir du centre du bas-relief, nous verrons que l'itinéraire d'un chemin tout aussi réel que celui de cette route-ci, avant et après le sac, viendra cette fois (entre Saint-Louis-de-Parrahou et Bugarach) se superposer avec  un sillon très visible et précis ; comme si "autour du sac" en tout cas, il était important qu'on ne puisse prendre conscience de façon immédiate qu'il y ait là une route. 

Alors dans sa "version toute personnelle de l'histoire de Germaine", certain que son oeuvre lui survivrait - c'était fait pour ça et il s'en était (ou bien on lui en avait) donné les moyens - et conscient qu'un jour le voile subliminal qu'il avait tiré devant sa carte murale finirait bien par se déchirer, l'abbé Saunière avec ce sac "inventé" et discrètement éloigné de sa propriétaire potentielle pour suggérer un chemin nous suggérait-il par delà le temps que venant de Pibrac, forcément à l'ouest, c'est quelque part à l'est de Quillan que sur cette route "sa" Germaine aurait rejoint, ou attendu peut-être les accablés pour les soulager des souffrances de la faim ?

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Car bien entendu la mission de Germaine autant que l'objet de sa mission, le pain, n'ont de sens que si au bout il y ait eu quelque accablé. Et dans ce cas le fait de parvenir à identifier avec précision le sujet ou les sujets potentiels, de cet accablement sur ce chemin, ne serait-il en mesure de nous livrer un nouvel indice ?

Pour l'heure retenons l'essentiel : le sac percé se trouve bien sur une route, et c'est quelque part sur cette route à l'est de Quillan que Germaine aurait laissé tomber son sac sur le chemin.

Tout ça bien entendu n'est que métaphore, l'histoire de Germaine ne serait ici convoquée que pour véhiculer un message sous-jacent. Alors restons pragmatiques, qui a-t-il donc, en vrai cette fois, sur cette route vers laquelle l'abbé Saunière semble ainsi vouloir aimanter notre intérêt ?

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Si on emprunte cette vallée en partant de Quillan on parvient d'abord au village de Saint-Louis-et-Parahou. Puis la route se sépare en deux directions du simple fait qu'elle se dirige droit vers une ligne de partage des eaux ; au nord le bassin hydrographique de l'Aude, au sud celui de l'Agly (avec la Boulzanne pour affluent) qui vers l'est se jette dans la Méditerranée en traversant le nord du Roussillon.

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En d'autres termes si la route se sépare c'est du fait qu'à son horizon oriental un ensemble topographique dominé par le Pic de Bugarach s'interpose physiquement. A partir par conséquent de Saint-Louis-de-Parahou continuant un peu vers l'est l'une des deux voies (la D45 de nos jours, mais qui au 19ème siècle n'était pas encore une grand'route, probablement encore simple chemin du temps de Saunière) se dirige d'abord vers Parahou-Grand puis, déviée justement par les contreforts du massif du Bugarach, file plein nord vers le village du même nom au delà duquel on se dirige vers Rennes-les-Bains par la vallée de la Blanque.

Au sud de Saint-Louis-et-Parahou la seconde route (D9 aujourd'hui) parvient rapidement au Col de Saint-Louis à partir duquel on redescend vers Caudiès dans la vallée de la Boulzanne.

Nous y sommes donc.

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Après avoir pris conscience d'une carte sur le bas-relief, en suivant alors un raisonnement fondé sur un indice subtil laissés par Bérenger Saunière - la possibilité d'un chemin en raison (1) du percement du sac suggérant une trace potentiellement laissée sur ce chemin, et (2) de l'éloignement artificiel entre le tablier et le sac renforçant cette idée d'un chemin - l'abbé nous a en définitive discrètement menés à devoir maintenant réfléchir sur le fait que Germaine, puisque dans cette mission "retravaillée" elle y aurait perdu son sac, ait pu se déplacer dans cette vallée du Saint Bertrand. Si derrière l'instrumentalisation d'une histoire de pain et de fleurs l'essentiel reste toujours à comprendre en profondeur la métaphore cependant doit probablement être exploitée jusqu'à son terme.

Comment donner un sens ici à la venue de Germaine dans cette vallée avec sur le dos un sac de pain ? Le fait que le sac perdu était à ce moment encore plein, et puisque Germaine vient de l'ouest, implique soit qu'elle avait perdu son sac au retour avec pour corollaire le fait qu'elle ait dans ce cas manqué à sa mission pour une raison inconnue (idée pour le moins tirée par les cheveux, nous ne sommes pas là pour compliquer les scénarios au delà de ce qu'on nous demande et beaucoup déjà trouvent cette enquête "alambiquée"), soit que c'était plus naturellement à l'aller de sa mission que ce sac avait été perdu, sans pour autant alors que la mission ait été manquée si par exemple elle avait emporté un second sac.

Retenons donc qu'en première intention Saunière aurait voulu suggérer que c'est donc à l'aller de sa mission que la jeune femme avait perdu le sac, ou l'avait laissé choir pour une raison inconnue. Autrement dit encore, le long d'un trajet partant de Quillan en direction de l'est, le lieu de destination de la mission se trouve quelque part entre le sac et un point situé plus à l'est de ce sac.

A ce stade plus rien de notable ne semble visible "à priori" sur la Carte Saunière. Il nous resterait peut-être cependant à trouver le, la, ou les accablés de l'histoire, dont l'identification nous permettraient pour le moins, qui sait, de localiser la destination de Germaine. 

Alors la mémoire locale se souviendrait-elle qu'il y ait eu un jour de ce côté-là sur cette route, entre l'emplacement du sac et quelque part à l'est de cet emplacement, quelque pauvre accablé par la faim dont Germaine aurait ainsi pu, dans la métaphore de Saunière, vouloir soulager les souffrances en le ravitaillant en pain ?

Tout au fond de cette route en cherchant bien il y aurait bien en définitive dans la mémoire collective une vieille histoire où il est question d'un vieillard affamé descendant de sa montagne pour quémander du pain. 

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En l’occurrence l'ermite légendaire qui, quand à la fin de l'hiver la nature ne pourvoyait plus à sa subsistance et que ses réserves étaient épuisées, devait se résoudre à laisser provisoirement sa retraite solitaire, sur les flancs d'une grande montagne, pour venir frapper aux portes des villages.

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Dans ce cas, avec ses formes fantasmagoriques. la montagne de Bugarach. Tout au fond, justement, à l'est de cette route. 

A ce stade quoiqu'il en soit, c'est bien la seule idée qui puisse s'inscrire dans l'hypothèse d'une fusion entre ce que les deux indices (le tablier et le sac) nous ont apportés dans cette histoire sous le signe du pain : une fusion entre l'idée d'un chemin et une mission destinée à soulager des accablés de la souffrance de la faim.

Mais le faisceau d'indices est certainement encore trop incertain pour conclure à une certitude. Qui sait...  peut-être y aurait-il alors quelque chose, quelque part dans les parages sur le bas-relief, qui nous aurait encore échappé dans l'analyse des détails. 

Faisons le point.

Pour résumer nous avons donc bien un affamé de pain, l'ermite de Bugarach, mais en faire une pièce à conviction définitive de l'enquête est à ce stade prématuré. Et du coup est prématuré aussi d'envisager encore que le Bugarach soit une pièce maîtresse de l'énigme. N'oublions pas non plus que Germaine indiscutablement n'est ici que pour la métaphore ; une métaphore tout ce qu'il y a de plus acceptable tant que nous restons dans les rails de l'histoire officielle. Ici Saunière avec un sac superfétatoire a déjà pris le risque de sortir un peu des rails. Par ailleurs un sac fermé et éloigné de sa propriétaire aurait pu déconnecter totalement ce sac de l'histoire de Germaine, et nous ne nous serions jamais retrouvés sur un CHEMIN, ou du moins si le sac et la carte auraient pu suffire à nous mener jusque là, sans la MISSION de Germaine (le tablier) en tête jamais une hypothèse liée à l'ermite de Bugarach ne se serait faite jour. Mais voilà il y avait donc eu le percement laissant voir du pain. Puis à cause de l'idée d'un chemin (l'éloignement + le percement) nous nous sommes retrouvés (parce qu'il y avait donc une carte sur le mur du fond de l'église, chose peu ordinaire) quelque part sur une route à l'est de Quillan. A partir de à nous ne sommes plus du tout dans l'histoire officielle de Germaine. Mais dans l'histoire locale. Mais une histoire locale, et forcément secrète sinon à quoi bon ce concert de subliminalité. Or ce qui ne peut être dit dans une église ne le serait que parce que ce non-dit serait donc frappé du sceau non pas du "religieux", mais du profane. Et voilà donc un ermite descendant de sa montagne. Certes cet ermite entrerait en première intention dans un contexte religieux, cependant la légende elle de l'ermite du Bugarach est loin d'être totalement orthodoxe. Dans une tradition locale partie du Bugarach pour se répandre dans toute la région (précisément un pays strictement défini par la Carte Saunière) cette histoire de grande croix que l'ermite (on pense forcément à la croix de pénitence en imitation du Chemin de Croix de la Passion) portait sur son chemin quand il entrait dans les villages enguirlandée comme un sapin de Noël mais de victuailles, saucissons et autres, n'avait rien de très orthodoxe. Et tout ce qui mêle religieux et carnaval n'avait certainement pas droit de cité dans une église de la fin du 19ème siècle ni même aujourd'hui. 

En d'autres termes nous sommes arrivés sur un chemin - de Quillan vers l'est - où la métaphore religieuse commence sérieusement à se déliter pour peut-être faire apparaître autre chose. Quelque chose quittant donc la sphère de la métaphore "spirituelle" pour gliiser peut-être dans le sens du profane.

L'unique point formel jusqu'ici est en fait le CHEMIN puisque la carte Saunière nous a révélé, même si dans les parages immédiats du sac l'abbé avait pris soin d'effacer les traces de ce chemin, que le sac se trouve sur une route orientée ouest-est dans la vallée du Saint-Bertrand.

Alors avec le Pic de Bugarach en ligne de mire à l'horizon de cette route sans préjuger encore de la pertinence de cette cible au lointain, demandons-nous simplement pourquoi par ce SAC - l'histoire de Germaine n'étant qu'une métaphore  - l'abbé de Rennes-le-Château voulait-il attirer notre attention sur cette route ? 

Un CHEMIN dont sur un plan formel nous ne savons que ça, finalement : le fait qu'il doive être associé à l'élément de départ d'où est partie l'enquête : un SAC

Sac de pain ou de blé, il s'agit dans tous le cas de céréales et l'important serait dans le fait du sac même. Nous sommes donc ici à la croisée des chemins... Quel rapport possible ici entre un chemin et l'idée d'un sac ? Saunière s'appuyait-il sur une référence précise qui l'aurait incité à laisser tomber un sac sur un chemin de sa carte. Pas n'importe quel chemin, juste celui-ci ? Mais quelle référence...

Cela fait cent ans que des chercheurs de trésors sillonnent en tous sens la région à la recherche du trésor de l'abbé Saunière. Mais sans la carte perdue était-il même raisonnable de se lancer à corps perdu dans cette quête ?

Il nous manque par conséquent la légende encore, mais la carte ça y est, maintenant nous l'avons, et à moins de l'avoir tu jamais personne ne semble l'avoir eue entre les mains ou plutôt sous les yeux depuis que l'abbé l'avait subliminalement dessinée sur le mur. Il y a plus de cent ans... ce n'est donc plus le temps qui presse. Prenons celui par conséquent de reposer les bonnes questions. 

Pourquoi cette ROUTE, celle qui file plein est à partir de Quillan ?...

Pourquoi un SAC ?

Des questions un peu étranges en définitive, au point un instant de nous demander si nous ne faisons pas fausse route, et si la vérité du sac n'est pas ailleurs... Pourtant si nous ne trouvons rien, alors à quoi donc la carte Saunièe pouvait-elle servir... juste un exercice de style crypto-carto-graphique ? Une carte au trésor juste pour faire comme Boudet, montrer qu'il en était capable ? Difficile à envisager, non, la carte doit mener quelque part, et en passant comment ne pas imaginer que la destination cachée de cette carte-ci ne soit exactement la même, en réalité, que la destination cachée de la carte Boudet ?

Alors pour revenir déjà à ce chemin-ci sur cette carte sommes-nous vraiment sur la bonne voie en cherchant une réference encore inapparente sur laquelle Saunière se serait appuyé pour poser un sac sur ce chemin et pas un autre ?

Souvenons-nous que dès la fin du 18ème siècle puis surtout au 19ème était né ce courant "folkloriste" qui dans toute l'Europe avait vu chaque région, à travers ses érudits locaux souvent, se lancer dans la réminiscence et la retranscription des traditions du passé ; notamment celles qui dans une orientation profane ou populaire auraient survécu à une normalisation religieuse. Et avec pour objectif d'en fixer sinon en revivifier la mémoire avant que toute trace ne disparaisse à jamais dans le souvenir des anciens. D'une certaine manière l'ouvrage de Boudet, avec sa spécificité cryptologique tout de même, s'inscrit dans ce courant. Alors Saunière avait-il fait de même ? S'appuyait-il ici sur quelque fait de tradition qui parce qu'il n'était pas dans une ligne strictement religieuse, comme l'histoire de Germaine, serait passé au second plan du point de vue en tout cas des apparences sur son bas-relief ?

Remettons la question sur la table : Quel pourrait être ici un rapport entre ces deux concepts, SAC et CHEMIN. Plus exactement alors, même pour Saunière à la fin du 19ème siècle, quel avait pu être "dans un lointain passé" de la tradition le rapport entre ce CHEMIN - dans la vallée du Saint-Bertrand - et un SAC ? Un sac en l’occurrence de PAIN. Un sac de céréales en somme...

Alors si "même pour Saunière" soit bien en amont du 19ème siècle, nous plongeons dans un lointain passé - presque trois siècles et plus - la piste en ce sens pourrait être bien plus pertinente qu'elle ne paraît à première vue.


BERENGER SAUNIERE ET LA METAPHORE PROFANE DU SAC DE... FARINE.

 

Car si grâce à une machine à remonter le temps nous pouvions revenir quelque siècles en arrière, quelque part entre la fin du XVIème (Sainte Germaine) et le début du XVIIème (passage réel ou métaphorique dans la région d'un Vincent de Paul "alchimiste" dont un pain blanc et rond au dessus d'un calice était l'emblème), autrement dit en définitive à l'époque approximativement où il semble que l'on portait ce type de costumes que l'on voit sur le bas-relief de Bérenger Saunière, alors peut-être aurait-il suffi, il y a quelques siècles, de s'allonger dans l'herbe... quelque part entre Quillan et Saint-Louis, et... 

Et attendre, patiemment, quitte à s'assoupir sur le bord du chemin, jusqu'à finir par être révéillé comme par une rumeur au lointain, doublée d'un martèlement.

Car à un moment ou un autre, sur cette ROUTE forcément, on aurait alors pu voir défiler... des sacs. Une quantité phénoménale de sacs.

En effet levant un nuage de poussière sous leurs sabots on aurait vu arriver au loin, vers l'ouest, une longue file de mulets lourdement chargés de SACS de céréales (avec pour les guider des hommes en blanc veillant jalousement à la sécurité de leur or blanc) et qui seraient passés sans s'arrêter pour se diriger vers l'est en direction d'une grande montagne à l'horizon. Mais juste avant de parvenir à celle-ci ils auraient alors soudain viré au sud pour entreprendre la montée qui menait à un col, pour finalement disparaître dans la longue descente plongeant vers une vallée espagnole. Plus exactement catalane, ou du moins aragonaise.

Cet axe de communication en réalité, où Bérenger Saunière aurait "négligemment" versé un sac de pain sur le chemin, serait ni plus ni moins qu'un authentique, un historique... CHEMIN DES CÉRÉALES ! Pour ne pas dire le CHEMIN DES SACS.

Il n'est pourtant pas question ici ni de PAIN ni même de BLÉ mais... de FARINE. 

Une troisième voie "cachée" en quelque sorte, à mi-chemin dans le processus de transformation céréalière entre la matière première à travailler, par le meunier, et le produit fini mis en oeuvre cette fois par le boulanger pour le livrer à la consommation.

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Opération de transformation menée là-même peut-être (une boulangerie) où la jeune sainte oubliant les règles sociales de la propriété pour aller à "l'essentiel" aurait emprunté un sac de farine, vide, pour le remplir de pain, avant d'emporter discrètement ce sac le long d'un chemin invisible - à priori - sur une carte dessinée à même le mur d'une église où un abbé, un jour, détournera son histoire juste pour en venir à faire émerger à la conscience la possibilité d'un chemin

LA VOIE DE LA FARINE, autrement dit, un CAMI FARINIER. 

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Ça ne peut-être en effet que sur cette route, que passaient autrefois les chargements de sacs pleins à craquer - et de fait ils craquaient parfois - de la production de farine des moulins de la vallée de l'Aude que les meuniers de Limoux acheminaient ainsi au delà du col de Saint-Louis pour l'échanger contre un "blé" bien sonnant, espagnol cette fois, et trébuchant. Car bien sûr le col de Saint-Louis, longtemps frontière entre France et Espagne, était alors encore l'unique voie permettant au niveau du Razès de passer du nord au sud et inversement, ceci du fait qu'à St Martin-Lys le percement d'un passage suffisamment large, dans les gorges de l'Aude, ne sera donc réalisé qu'au 18ème siècle. Avec par conséquent pour les convois de mulets lourdement chargés (à moins de descendre sur un étroit sentier rocheux, mule après mule et à la queu-leu-leu au risque de chavirer dans une Aude torrentielle) la nécessité encore, en venant de Limoux, de virer à gauche juste avant Quillan et donc de circuler nécessairement dans cette vallée du Saint Bertrand.

L'activité meunière faisait ainsi les beaux jours du pays et en définitive ce fait est la seconde origine, avec celle de la Sortie de l’Ermite (du Bugarach), de la tradition du Carnaval de Limoux. Celle-ci étant alors « la capitale céréalière » du Razès.

Même si une activité meunière est déjà attestée dans la Haute Vallée de l'Aude du temps de Charlemagne les origines de ce CAMI FARINIER remontent surtout à une période située entre le 14ème et le 15ème siècle ; puis le fait s'est maintenu jusqu'au début du 17ème, avant que l'annexion du Roussillon à la France ne modifie définitivement les données économiques de ce "trafic" de céréales jusqu'à ne faire plus de cette activité (et son transport de l'or blanc du Razès à dos de mulet dans la vallée du St Bertrand) qu'un lointain souvenir. Perpétué cependant dans les traditions, le costume blanc des participants au carnaval par exemple, lesquels remplissaient des sacs de farine remplacée ensuite par des dragées ou frappant les badauds avec des sacs vides mais enfarinés, n'ayant semble-t-il pas d'autre origine que l'habit du meunier. 

Certes à partir de Couiza le passage entre Limoux et le col de Saint-Louis pouvait se faire également par Serres, Rennes-les-Bains et Bugarach, soit remontant les vallées successives de la Rialsesse, de la Sals et de la Blanque. Une seconde voie possible qui quoiqu'il en soit s'inscrit également dans l'espace de la Carte Saunière. Certainement faudrait-il rechercher des éléments formels pour l'attester mais tout indiquerait bien cependant (trajet légèrement plus court mais surtout plus praticable) que la voie de ce transport passait par la vallée du Saint-Bertrand. Autrement dit par le SAC PERCE de l'abbé.

Il y aurait donc ici une base plus que de tradition, historique – le transport de sacs de farine céréalière - en mesure d’expliquer pourquoi l’abbé Saunière aurait positionné le sac de céréales (en l'occurrence sous la forme du pain afin de "coller" dans les apparences à la métaphore de l'histoire de Germaine sans rendre manifeste un rapport à la farine au risque que la "mèche ne soit vendue") précisément à cet endroit de sa carte murale. Ainsi voilà donc où serait la justification invisible du SAC (accessoirement percé pour suggérer un chemin là où sur la carte on n'en voit pas), l'élément depuis toujours le plus suggestif et donc le plus attractif de la carte au trésor mais resté incompris jusqu'ici. Comment en effet ne pas mettre en relation un sac "inventé" de toutes pièces dans l'histoire de Germaine puis "largué et oublié" dans la vallée du Saint-Bertrand par l'abbé Saunière sur sa carte, et ces milliers de sacs qui jadis avaient précisément défilé sur cet axe quand y circulaient les interminables convois de mulets ? 

L'abbé Saunière en ce sens aurait donc joué sur la dualité symbolique classique du pain : spirituel/matériel, pour en tirer une dualité spirituel/profane. et dissimuler une voie profane sous l'histoire d'une Germaine égarée sur des chemins de traverse. Acceptons donc pour l'heure la proposition en sachant que pour l'admettre définitivement il faudra cependant qu'au bout de ce chemin, aussi bien physique qu'interprétatif, nous puissions comprendre "où" tout cela mène. En vrai.

Pour ce qui est du "percement" lui-même de ce sac peut-être n'y avait-il là effectivement que ce fait de nous inviter à penser à "l'idée d'un chemin", celui qui se serait retrouvé balisé par la trace rémanente d'un contenu dispersé.

Un élément de la tradition, cette fois, au delà de l'Histoire socio économique, et donc culturelle, aurait-il éventuellement gardé mémoire de l'idée d'un sac de farine percé ? J'ai il y a quelque temps entraperçu un texte en ce sens au cours de mes déambulations sur Internet sans malheureusement en avoir gardé trace ni pouvoir retrouver cette occurrence. "Appel à témoin" est donc ici lancé à tous ceux qui connaissent l'histoire de cette vallée et peut-être aux "anciens", qui auraient connaissance d'un fait de tradition ou d'une anecdote faisant écho avec "l'idée d'un sac de farine PERCE".

En ce sens la trace retrouvée sur le chemin de ce contenu "potentiellement" dispersé du fait du percement (trace uniquement virtuelle sur la carte Saunière parce qu'il nous incombait, à nous, de la mettre en évidence) a fini en quelque sorte par "matérialiser", en le rendant métaphoriquement perceptible autour du sac, l'itinéraire du chemin perdu de l'abbé Saunière. Car vers la droite un peu au delà du sac, en bas de la fresque, un tracé suffisamment net sous la forme d'un sillon foncé se superpose cette fois d'une façon étonnante avec l'itinéraire réel de la route menant au col de Saint-Louis, puis au delà, cette justesse de tracé étant la plus nette entre Saint-Louis et Bugarach.

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Le fait même que dans les parages immédiats du sac ce tracé est invisible démontrerait pour le moins que Saunière en effaçant à ce niveau les traces du chemin sur la carte entendait retarder la prise de conscience du fait que là passait une route, et donc que la destination cette fois de cette route, au delà du sac, ait eu à ses yeux quelque importance cruciale. Une destination dans ce cas à déconnecter "à un moment ou un autre" (mais à quel niveau exactement) de celle du Cami Farinier proprement dit, chemin "profane" qui lui aussi, comme l'histoire religieuse de Germaine ne serait ici pas moins ici que pour la métaphore uniquement. 

Car maintenant... en nous prenant par la main par le biais de ses signes de piste, l'abbé Saunière discrètement ne nous invitait-il pas surtout à remonter, à notre tour, ce chemin après l'avoir dégagé de ses deux enveloppes subliminales ?

Un chemin certes lié "en amont du trajet" à la tradition céréalière du carnaval de Limoux, mais une tradition qui, "à l'horizon oriental cette fois du trajet des sacs", à travers le souvenir de la sortie de l'ermite, a également ses origines du côté... de Bugarach. Tradition directement greffée sur le thème de la sortie de l'ermite de Bugarach, et qui s'était répandue dans tout le pays à commencer par Esperaza (pour des raisons historiques et socio-économiques), mais aussi à des degrés variables jusqu'à Rennes-les-Bains, Couiza, Quillan, soit dans le périmètre même que Bérenger Saunière a spécifiquement définis dans l'espace de sa carte murale. Indiscutablement cette référence traditionnelle dans les usages populaires ne pouvait pas être inconnue de l'abbé, lui qui était né à Montazels juste derrière Esperaza. 

Ainsi après l'ermite du Bugarach endossant l'habit de l'accablé de la fable accessoirisée de Germaine par Saunière, voilà donc une seconde connexion, pour l'heure encore métaphorique qui nous amène à nouveau à évoquer cette montagne à l'horizon d'un chemin.

Au bout de la métaphore du sac de blé religieux (le pain)... une montagne à l'horizon.

Au bout de la métaphore du sac de blé profane (la farine)... une montagne à l'horizon.

Hasard ?

Alors en définitive le message de Saunière dans cette hypothèse, encore en phase expérimentale et spéculative certes mais sans cesse plus affirmée au fur et à mesurer que nous avançons sur le chemin en direction de l'est, en bas et à droite de la Carte Saunière, ne nous amènerait-elle pas à envisager pour le moins que LE SECTEUR DE BUGARACH - au bout de ce chemin de farine qui horizontalement et de gauche à droite d'un point de vue visuel, dans une sorte de no man's land incertain et brunâtre entre le sac et le bord inférieur droit du bas-relief, il faut l'avouer ne se dessine que de façon très neutre, sur la fresque - en serait en fait la DESTINATION CACHÉE ?

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Or cette zone non seulement incertaine, sur la Carte Saunière, est par ailleurs si vaste, "dans la réalité", alors jusqu'où porter puis arrêter nos pas sur ce chemin ? De toute évidence pour donner corps à l'hypothèse il va maintenant être impératif de pouvoir la renforcer par d'autres indices encore, et qui seraient éventuellement présents sur le grand bas-relief. Avec en passant ces deux rameux sans roses, avec seulement des feuilles donc, et des épines probablement.

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Nous voilà donc arrivés jusqu'ici, au bout de la route. Irons-nous au delà ?
 

QU'Y A-T-IL A VOIR AU BOUT DE CETTE ROUTE ? 

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