26/07/2013

La carte murale de l'abbé Saunière dissimulée dans l'église depuis un siècle


La carte était juste restée invisible sur un mur. Alors à force de passer, et repasser devant on devait bien finir par la trouver un jour.


SAUNIERE,RENNES-LE-CHATEAU

En analysant cette carte murale...

nous verrons que l'abbé Saunière savait que le Bugarach était un symbole central des mystères de l'Aude, mais aussi que la montagne n'était qu'un repère historique et que la destination finale se trouve dans la forêt de Rennes-les-Bains. Sa mission n'était que de détourner l'attention le plus longtemps possible sur sa colline ensoleillée pour y construire un parc des apparences - à l'image de celui du Roi Soleil à Versailles, avec sa galerie des miroirs et un jardin, une ménagerie, une orangeraie etc... où attend une partie du mystère - pour éloigner les regards de la vallée endormie de l'abbé Henri Boudet à Rennes-les-Bains.

Cependant si l'église et le parc de Rennes-le-Château avaient pour objet en en faisant délibérément "trop" de dupliquer (à un point que l'on peut à peine imaginer) en couleur et en relief les mystères d'un livre en noir et blanc "pas assez" démonstratif qui risquait du fait de son austérité surréaliste de ne pas passer le siècle, cette église n'en comporte pas moins exactement les mêmes clefs d'interprétation. Avec juste un peu moins de subtilité pour satisfaire aux désirs de clinquant d'un siècle à venir que l'abbé Boudet avait eu le temps de voir venir. 

 

Alors pour faire écho à la carte Boudet il fallait une Carte Saunière. Et cette carte avait pour mission de dissimuler deux itinéraires.

Un chemin du Blé, qui par la Farine et le Pain menait au Bugarach

Et un chemin de l'eau et du Sel menant en un lieu précis de la forêt de Rennes-les-Bains


Après une journée à parcourir en tous sens les routes entourant Rennes-le-Château, de Quillan à Rennes-les-Bains en passant par Couiza, puis de Bugarach à Quillan, en toute fin d’après-midi je m’étais retrouvé à visiter le domaine de l'abbé Saunière. Après le parc, la tour Magdala, la maison Béthanie et le cimetière la visite s'est terminé par l'église. C’est en me dirigeant vers la sortie quelques minutes seulement avant la fermeture des portes, en levant les yeux sur la fresque colorée et en relief dite de la Colline Fleurie (en fait le Mont des huit béatitudes) que sans encore réaliser sur l'instant j’ai pris conscience du fait que ce qui se trouvait devant moi, sur ce "bas-relief" plutôt haut perché, ressemblait à "quelque chose" que j'avais eu sous les yeux des heures entières tout au long de la journée.

SAUNIERE,RENNES-LE-CHATEAU

La seule chose que j'avais eue "sous les yeux des heures entières tout au long de la journée" ça ne pouvait être que la carte routière que vu mon sens de l'orientation il valait mieux ne pas quitter des mains. 

Dans l'église j'ai donc sorti cette carte à nouveau de mon sac-à-dos pour la déplier, et ce qui n'était encore qu'une vague impression, sur la fresque, s'est imposé à la conscience.

SAUNIERE,RENNES-LE-CHATEAU

Une carte, sur le mur.

Le peintre Nicolas Poussin avait dissimulé la sienne (on la cherche toujours pourtant elle y est bien, il y en a même deux) dans son tableau des Bergers d'Arcadie. Jules Verne en mettait partout, dans ses Histoires Extraordinaires. Et l'abbé Boudet ne s'était donc pas privé aussi d'en glisser une dans son livre La vraie langue celtique ou le cromleck de Rennes-les-Bains pour permettre au lecteur de suivre pas à pas ses aventures mégalithiques.

Alors Saunière... comment avait-on pu ne pas envisager qu'il n'ait voulu aussi, comme les autres, avoir sa propre carte au trésor ?

SAUNIERE,RENNES LE CHATEAU

Et où donc pouvait-il l'avoir dissimulée cette carte, sinon par défi en l'étalant toute grande ni plus ni moins sur un mur entier de son livre de pierre ? Une carte d'état-major en somme, comme pour y garder la mémoire de ses campagnes mémorables à ramasser chemin faisant dans la lande, comme le facteur Cheval, des cailloux qu'il ramenait dans sa musette pour les déverser la nuit devant son église.

SAUNIERE,RENNES LE CHATEAUVoilà, c'était bien ça que j'avais là-haut au dessus de ma tête. La carte au trésor de l'abbé Saunière restée invisible depuis un siècle et qui n'était autre que celle du pays tout entier autour de Rennes-le-Château.

La montagne "était" la carte. Et Jésus littéralement juché dessus...

Il aurait suffi de se souvenir qu'on avait mis en évidence une seconde église virtuelle dessinée dans le plan même du jardin et qui comme en miroir reproduisait exactement le plan au sol de l'église. Or au centre du fond de cette église extérieure et invisible Saunière avait placé une Marie sur un pilier. Pourtant dans l'église en dur à l'emplacement équivalent n'aurait-il pas dû placer un élément équivalent ? Le voilà, Jésus lui-même sur un piédestal qui n'est autre que la carte elle-même dessinée dans l'espace restreint délimité par les personnages de la fresque ! Restera à comprendre pourquoi dehors le pilier avait été retourné...

Maintenant il suffit sur la fresque de prendre en compte la limite entre la surface visible de la montagne proprement dite et le contour des personnages disposés tout autour, pour réaliser que cette frontière reproduit les tracés de l’Aude entre Couiza et Quillan (au-dessous la carte s’arrête), puis de la Rialsesse entre Couiza et Serres. La confluence des deux se faisant précisément près du bord gauche, par rapport à l'observateur, du bas de la robe de Jésus (à ce coude de l'Aude qu'est Couiza, mais à l'angle aussi du genou d'une jeune femme qui ne pleure ni ne souffre et qui est la seule dont les yeux pleins d'espérance (elle occupe l'emplacement de la ville d'ESPERAZA) se dirigent quelque part... vers le bas. De l’autre côté, sous le coude cette fois d’une « pleureuse » qui se cache les yeux embués de SEL, l’angle droit de l'extrémité de la tunique avoisine le point où à Serres la SALS conflue avec la Rialsesse. 

SAUNIERE,RENNES-LE-CHATEAU

Juste au sud de son raccord avec la Sals, la vallée de la Blanque cette fois est suggérée sous le genou droit de "celle qui pleure comme une Madeleine". Puis plus bas cette vallée de la Blanque passant "sous" la taille d'une "qui souffre et qui est accablée" jusqu’à Bugarach pour ensuite bifurquer "sous le Bugarach" en direction de l'ouest jusqu’à Parahou-le-Grand et St-Louis. 


Bien entendu maintenant une telle carte, invitant à mettre en relation chaque détail de la fresque avec sa correspondance « sur le terrain », ne pourra que relancer la machine à rêver, mais cette fois sur de vrais chemins. 

L’enjeu pour Saunière n’aurait été ici je suppose que de « suggérer » ; mais avec suffisamment de concordances pour qu’une fois la carte mise en évidence on puisse facilement y situer les positions relatives des villes et villages répartis dans les vallées comme sur le grand plateau vallonné situé au sud, entre Rennes-le-Château et la vallée du St Bertrand (qui d’Ouest en Est relie Quillan à Saint-Louis, sous les pieds de la femme allongée).

Les fleurs semées sur la montagne suggèrent justement ces villages « saupoudrés » sur la « carte murale ». Et si on considère la fresque bien en face, la Croix du crucifix du confessionnal paraît matérialiser la verticale d’un méridien passant par Rennes-le-Château, soit l’axe de symétrie défini par la silhouette du Christ.

Mais en définitive peut-être aurait-on pu deviner par avance la présence potentielle ici d’une géographie invisible avant même de prendre conscience de la carte, en réalisant que la Croix Cerclée du Crucifix du confessionnal se positionne comme une « mire » au centre d’un grand cercle virtuel dont la moitié supérieure est matérialisée par l’arc de la fresque.

SAUNIERE,RENNES LE CHATEAU

Le tout faisant comme une énorme boussole. En quelque sorte une Rose des Vents, indiquant les directions cardinales (plus quatre intermédiaires faisant donc huit comme les béatitudes), comme on en trouve sur toutes les cartes géographiques... induisant ainsi de façon subliminale le fait qu'il puisse y en avoir une sur le mur. 

 

SAUNIERE,RENNES-LE-CHATEAU


Alors maintenant bien sûr, il y a ce sac percé, tout en bas de la fresque.

 

Jean-Pierre PERINI

25 Juillet 2013


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