Jipé

Tout est parti d'un détail qui m'avait intrigué dans le paysage de la Joconde. La lecture de quelques livres m'avait rassuré sur le fait que je n'étais pas le seul puisque des spécialistes l'avaient vu aussi. Cependant aucun n'était allé jusqu'à envisager que le fait pouvait résulter d'une intention de la part de Léonard de Vinci. Mais à cause d'une citation surprenante de l’artiste, découverte par hasard en lisant un journal puis vérifiée, et qui démontrait qu’il connaissait puisqu’il l’avait décrit le concept sous-tendant cette possibilité d'intention, je m'étais demandé s'il ne pouvait y avoir dans ses carnets quelque chose qui cette fois pourrait sinon expliquer du moins faire écho avec ce que j'avais vu dans la Joconde. Ce que j'y ai trouvé est allé au delà de ce que je pouvais même imaginer. Je me suis en effet surtout demandé comment personne n'avait jamais vu ça. En cinq siècles.


Revenant alors au tableau à la lumière de cet élément il était cette fois évident - j'y reviendrai en détail - que je n'avais pas tout vu, dans la Joconde, et qu''il y avait autre chose encore, tout autour de ce détail. Pour tenter de comprendre, après le travail et à la mesure de mes moyens, il m'a fallu trois années de recherches laborieuses pour finir par trouver un sens à tout ça. Mais au terme de cette enquête dans les livres et les images j'étais arrivé à la conviction, toute  personnelle, que Léonard de Vinci était un jour venu dans la Haute Vallée de l'Aude.


A ce stade bien sûr je n'aurais jamais osé en parler encore. Mais je m'étais donc dit que peut-être avait-il existé un jour une preuve de ce voyage oublié de l'histoire, et dans ce cas "où ?", sinon dans ses carnets où contrairement à ses paysages trop évanescents dans ses tableaux Léonard avait un peu démontré à quel point il pouvait être convaincant dans ses observations et surtout sa description de la réalité. Bien sûr il y avait ce fait que seul un cinquième de ses dessins nous seraient parvenus. La preuve que je cherchais si tant est qu'elle avait un jour existé avait donc toutes les chances d'avoir disparu à jamais comme les milliers de croquis dont nous ne saurons jamais ce qu’ils avaient représenté. Deux années après j'avais fini depuis longtemps par renoncer à chercher cette chimère. Et les choses en étaient restées là.


Et voilà qu'un jour un dessin est arrivé sous mes yeux.


C'était dans un ouvrage de référence sur les croquis de Léonard de Vinci publié par un des plus grands noms de l'édition d'art. Le dessin d'une montagne analysée par les experts comme ayant été nécessairement exécutée d'après un modèle réel, mais que les spécialistes depuis cherchent toujours quelque part en Italie ou dans les Alpes, puisque paradoxalement le "modèle" en pleine nature n'a jamais pu être identifié. Or après cette recherche partie d'un détail dans la Joconde et qui s'était achevée par la certitude à peine exprimable d'un voyage oublié de Léonard de Vinci dans les Corbières, où aucun expert n'accepterait bien sûr à cette seconde encore d'accepter même d'envisager, la possibilité qu'il se soit rendu, ce que j'avais maintenant sous les yeux était ni plus ni moins qu'une vue détaillée d'une montagne connue comme étant... le site emblématique et plus haut sommet des hautes Corbières.


A un détail près. Il était nécessaire d'appliquer une anamorphose linéaire pour faire apparaître une silhouette superposable à la réalité. Mais voilà... l'inventeur à la Renaissance de ce procédé graphique directement issu des recherches sur la perspective, s'appelait... Leonard de Vinci. Personne en effet avant lui n'en avait réalisé en occident et s'il avait bénéficié des travaux des autres pour ce qui était de la perspective, il était lui-même le redécouvreur de l'idée de propagation linéaire de la lumière, concept à la base de ce procédé à mémoire de forme dont la finalité n'est autre en définitive que de dissimuler une réalité derrière une apparence, avec la garantie de préserver dans le graphisme même de l'objet anamorphosé la mémoire graphique originelle sans dégradation qualitative.


Avant d'évoquer le fait publiquement, ici sur ce blog, je m'étais mis en en tête de tenter de déchiffrer une inscription portée de la main même de l'artiste en un endroit précis de la crête. Même avec un miroir la tâche s'est révélée ardue. Après avoir utilisé une Pierre de Rosette de circonstance en l’occurrence le dessin préparatoire de la Dernière Cène mais grâce surtout à un texte original en vieil italien du treizième siècle, sans lequel le mot une fois déchiffré serait resté incompréhensible (nous verrons qu'à travers une histoire peu connue de l'aventure franciscaine, liée à Dante et dont on pourrait avoir une idée à travers le film Le nom de la Rose) le résultat de la démarche allait se révéler si troublant que je m'étais dit qu'il serait mieux de tenter de comprendre par moi-même avant d'en parler. Et là encore je n'en étais pas revenu de mes surprises. Il y avait là à ce niveau de la crête un élément laissé intentionnellement par Léonard qui nous permettait de faire réapparaître le Bugarach sans laisser de prise au hasard ; mais aussi un début de piste démontrant que non seulement il y était venu, mais aussi qu'il y était monté.


A ce stade l'enquête dans les livres et les images s'achevant pour se poursuivre cette fois sur des vrais chemins, j'ai fini grâce à un détail dans un autre tableau par découvrir un lieu démontrant matériellement le passage physique de Léonard de Vinci. Cela fait maintenant deux années de ça. Depuis j'ai dû réaliser que d'autres connaissaient ce fait oublié de l'histoire. L'abbé Henri Boudet et secondairement Bérenger Saunière en avaient dissimulé des indices formels dans leurs œuvres respectives, un livre et une église, nous le verrons en détail. Il y avait eu aussi Jules Verne qui dans plusieurs de ses ouvrages a laissé les indices clairs de références précises touchant "simultanément" au Bugarach et à Léonard de Vinci. Enfin Nicolas Poussin (dont la venue dans l'Aude n'a pu être jusqu'ici que suspectée) a laissé en réalité de nombreux témoignages de son passage avec une précision à peine imaginable.


Au vu de la richesse des indices convergents j'ai été amené à comprendre que le Bugarach, même situé hors du périmètre de la "carte Boudet" (ce qui se cache dans cette carte est à peine concevable), était en quelque sorte un repère physique s'inscrivant dans un discours symbolique extrêmement subtil et complexe, mais dont le seul objet, au vu d'un autre tableau encore de Léonard de Vinci, que de mener en un lieu précis de la région. Ce lieu, beaucoup l'ont envisagé sans jamais l'approcher, se trouve dans la forêt de Rennes-les-Bains, mais dans un secteur écarté de tout chemin. La preuve quasiment mathématique en est dans l'église de Rennes-le-Château autant que dans le livre de l'abbé Boudet, dissimulée avec une subtilité à couper le souffle et convergeant de façon remarquable avec des éléments existants dans le tableau de Poussin Les bergers d'Arcadie ainsi que dans l'église Saint-Sulpice à Paris.


Mais nous verrons dans ce blog qu'un texte jamais exploré jusqu'ici se trouve être l'origine directe du document Serpent Rouge, et que ce fait a pour objet de témoigner de l'identité d'un homme dont rend compte Boudet avec une ironie confondante et tout à la fois "surréaliste" ; ce personnage, Poussin lui avait emprunté d'une façon totalement insoupçonnée l’iconographie même du tableau des Bergers d'Arcadie. Tableau dans lequel est présent un indice direct témoignant du fait que l'artiste normand savait "où" Léonard de Vinci s'était rendu "sur" le Bugarach. Mais un autre indice cette fois situé près de l'entrée de l'église de Rennes-le-Château montrera que l'abbé Saunière savait quant à lui d'où venait une citation dont les experts n'ont jamais pu découvrir l'origine exacte : ET IN ARCADIA EGO. Ainsi que sa signification précise. La convergence de cet élément avec une comparaison fine entre la fresque de la grotte de Madeleine sur l'autel de l'église et un tableau pratiquement inconnu datant de la Renaissance (un artiste aussi très peu connu) montrera qu'en réalité à travers aussi des éléments étonnants laissés dans l'œuvre de Poussin, la piste du secret - sans préjuger d'éléments plus anciens sur lesquels je ne dispose d'aucune information - était partie des rives de l'Adriatique il y a de cela un peu plus de quinze siècles, soit à l'époque exacte de l'arrivée des wisigoths dans la région.


Ce fait a des correspondances dans les œuvres de Boudet, Saunière, Verne et Poussin. Pour autant l'hypothèse d'un trésor, en soit non improbable dans l'absolu, apparaît en réalité secondaire au regard de la dimension culturelle potentielle d'une découverte dans la forêt de Rennes-les-Bains ; fait en lui-même sans commune mesure au regard de l’intérêt proprement civilisationnel (d'un intérêt plus que pertinent aujourd'hui encore) inhérent au symbolisme "gravé" dans le paysage de la région et dont Léonard de Vinci, en tant que simple témoin et gardien en quelque sorte d'un chemin, avait rendu compte dans son œuvre.


A ce stade de mon enquête les questions sont encore plus nombreuses que les réponses que j'ai pu entrevoir. Probablement faut-il maintenant passer la main aux experts, si toutefois - élément après élément une fois que ceux-ci auront été mis en ligne ici même - ils jugeront utile de les prendre en compte. A chacun de se faire son idée. Et son chemin.


Pour ma part après avoir humblement réalisé que le Bugarach, dans tous les sens du terme et surtout loin des fantasmagories, n'était que la première des portes à ouvrir dans ce vieux mystère - celle-là même en définitive, en réalité un panneau de bois comme ceux sur lesquels on peignait encore à la Renaissance et qui se trouve, à l'envers, au fond de l'autoportrait triste de Poussin - profitant d'une petite avance encore, et le temps qu'on réalise combien la région de Rennes-le-Château n'est (hormis deux ou trois réellement importantes) que le trou noir mis en scène depuis bien des siècles en vue d'absorber toutes les énergies dépensées à la poursuite de rêves d'or et de mystères, je vais tenter, toujours à la mesure de mes moyens, de comprendre, après avoir donc noté que tout cela devait décidément en valoir la peine, où cette fois... "il" voulait en venir.


 

Interêts

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